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Textes: Christian Riochet

Illustrations : Alain Martin

Maquette: Anne Sonsam et Alain Martin

 

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Gros Ours

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Le bol de miel

La sieste

Un amour magnifique

La rivière

Le fond de la fourrure

Dans les nuages

 

 

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Il était une fois un ours, mal léché. Gros, grand, gras, il avait sur tout le corps une longue fourrure blanche, avec une tache noire sur le ventre. A le voir , comme cela, on le trouvait superbe et on ne pouvait rien lui reprocher. mais il était mal léché, c’est à dire qu ‘il avait vraiment très mauvais caractère. Prenons un exemple. Imaginez cet ours –appelons le Gros Ours, pour le reconnaître – assis sur un tronc d’arbre couché sur le sol. Gros Ours réfléchit. Il se dit à lui même : « bien. La journée commence .mal je n aime qu’une chose, le matin, à mon petit déjeuner : le miel. Un énorme bol de miel. Mais où en trouver ? »

Gros Ours est assis sur son tronc d’arbre et il réfléchit. A ce moment – là vous passez par là, par hasard. Vous êtes en train de faire une tranquille ballade dans le bois, regardant les feuilles des arbres et les petites bêtes qui s’enfuient sur votre passage. Puis tout à coup, vous tombez sur Gros Ours. Visiblement il a l’air malheureux ou en tout cas très embarrassé. Vous lui dites : «  hé ! bien, mon Gros Ours, que se passe –t-il ? »

Et savez vous ce qu’il fait alors ? il se met à grogner, râler et a dire dans sa barbe : « oui, voilà c’est toujours pareil. On est assis tranquillement sur un tronc d’arbre à réfléchir au  moyen de trouver un bon bol de miel et il faut qu ‘il y ait toujours un petit garçon ou une petite fille qui arrive pour vous demander bêtement : « hé bien mon Gros Ours, que se passe- t -il ? »

Moi j’en ai assez. Qu’est -ce -que vous voulez qu’il se passe ? Je suis assis sur un tronc d arbre, c’est le matin et je cherche un bol de miel »

 

Tout cela dit avec des tas de manières avec les pattes, des mouvements de la tête agacés et plein d’éclairs dans les yeux. Dans ces cas -là, vous avez deux solutions. Ou bien vous partez, tout bonnement. On n’est tout de même pas obligé de supporter les humeurs d’un ours blanc avec une tache noire sur le ventre, un ours rencontré dans une forêt, alors qu’on se promène tranquillement, sans penser à rien. Tout le monde peut bien être assis sur un tronc d’arbre couché sur le sol, à chercher dans sa tête un gros bol de miel pour son petit déjeuner du matin, sans pour cela faire des histoire et des grognements et tes «  oui, voilà, c’est toujours pareil »

 

Dans ces cas- là, on peut bien partir tout bonnement. On ne répond pas, on regarde ailleurs. On ne dit rien. On ne fait que passer. Il y a bien d’autres ours blancs assis sur un tronc d’arbre. Il y a bien d’autres choses dans la forêt et la vie est longue. On rencontrera bien d’autres gens, qui ne seront pas aussi mal léchés que ce gros ours. Allez, n’en parlons plus. Passons à autre chose.

Ça, c’est une possibilité.

Mais vous pouvez aussi, dans ces cas -là, décider de l’aider. Pourquoi pas ? Après tout, ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre un ours blanc assis sur un tronc d’arbre, à la recherche d’un  bol de miel.

 

Pour l’aider, vous vous asseyez à côté de lui, sur le tronc d’arbre et vous réfléchissez avec lui au moyen de trouver ce bol de miel. On peut aller à l’épicerie, dans un garde manger, chez un fabricant de miel, dans une ruche d’abeilles ou encore dans un pays qui serait en miel. Mais tout cela, ce sont des rêves et c’est justement à l’endroit où devrait se trouver ce bol de miel.

 

 

 

A ce moment là, exactement au moment où le picotement à l’intérieur du vente de Gros Ours commence à se faire sentir, devant vous qui êtes assis tous les deux sur votre tronc d’arbre, un camion rose et vert avec des portières bleues, un camion pas trop grand, mais quand même  un camion, s’arrête brusquement. La portière du chauffeur s’ouvre et une grand- mère, avec une  casquette de chauffeur de camion saute du siège du camion, referme la portière et va ouvrir les deux grandes portes de derrière. Gros Ours a la bouche grand ouverte, les yeux tout écarquillés et vous, vous vous grattez la tête, parce que quand même c’est une drôle d’histoire, ce camion rose, vert et bleu et cette grand – mère  chauffeur. Gros Ours est tellement surpris qu’il en a l’air complètement idiot, avec ses yeux écarquillés et sa bouche pleine de dents, toute ouverte, avec sa langue qui sort un peu sur le côté, comme s’il ne la tenait plus.

La grand-mère, elle, n’a pas l’air étonnée. Elle ouvre les portes de derrière du camion, elle prend un bol de miel énorme, avec une cuillère dedans. elle pose le bol de miel dans la grosse patte toute molle de Gros Ours, elle referme les deux portes de derrière de son camion, elle remonte à sa place de chauffeur et la voilà partie.

 

Vous parlez d’une sacrée histoire !! Gros Ours n’ose plus bouger sa patte toute molle, dans laquelle il y a ce bol posé. A la fin quand même, vous lui donnez un petit coup de coude dans les côtes, pas pour lui faire mal, mais pour le réveiller, pour qu’il se décide à faire quelque chose tout de même. Enfin le voilà qui referme la bouche, ,qui arrête d’écarquiller les yeux et qui tient un peu plus fermement le bol de miel. Il bouge un peu sur son tronc d’arbre, il remue ses grosses fesses, comme s’il était très gêné et puis à ce moment-là, exactement à ce moment-là, vous l’entendez dire, d’une toute petite voix qui fait tout drôle pour un aussi gros ours blanc, avec sa tache sur le ventre, vous lui entendez dire :  « C’est tous les matins pareils. C’est tous les matins pareils. Je n’arriverai jamais à m’y faire. Quand cette grand- mère arrive avec son camion rose, vert et bleu, je suis tellement surpris que je ne pourrai jamais, jamais m’y habituer ».

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C’est l’histoire d’un petit garçon qui se promène tranquillement dans la forêt. Il fait beau, un petit peu froid, mais il est couvert, avec un anorak épais, qui tient chaud même quand il neige. Il a mis des bottes et ses pantalons sont remontés jusqu’à ses genoux. Bref, il est équipé pour se promener dans la forêt, tranquillement. Il a même dans sa poche un canif, avec deux lames, une grande et une petite. Le canif se trouve dans la poche arrière gauche de son pantalon. Il le met toujours là, c’est sa place quand il va se promener dans la forêt. avec, il coupe des branches pour se faire des baguettes ou bien il ramasse des champignon ou encore des fois il  joue aux indiens et dans ces deux cas-là il vaut mieux avoir un canif pour pouvoir se battre, se défendre et faire tout les trucs que l’on fait dans ces deux cas- là.

 

 

Voilà donc ce garçon se promenant. Vous pensez bien qu’il a eu l’autorisation de sa mère, ça c’est sûr. Ne vous faites pas de souci de ce côté là, tout est en règle, comme il faut. Quand, tout à coup, il entend un bruit. Il s’arrête. Il écoute. Le bruit s’entend encore. cela fait  «  boum. Boum. Boum « . « tiens, se dit – il, qu’est- ce – que c’est ? »

Il écoute encore. Il entend encore : «  boum. Boum. Boum ». il se dirige vers le bruit. Il arrive dans une clairière. Une clairière, c’est un endroit dans la forêt où il n’y a pas d’arbres. Dans la clairière, il voit d’abord Gros Ours qui est allongé au pied d’un arbre, les pattes croisées sur la tache noire qu’il a sur le ventre. Il dort. On le voit à ses yeux fermés, à sa poitrine qui se soulève doucement et puis aussi à ses pattes de derrière, qui remuent toutes seules des fois, comme quand on rêve que l’on marche et que l’on a les jambes qui bougent un peu. Gros Ours fait la sieste, c’est certain. Ce ne peut pas être lui qui fait ce bruit.

 

C’est à ce moment là que le petit garçon voit le bûcheron. Ils est en train de couper un arbre, de l’autre côté de la clairière. Il a une hache et il frappe et a chaque coup, on entend « boum ». le petit garçon s’approche et dit : « Bonjour monsieur, comment allez- vous ? »

Mais le bûcheron qui, lui n’avait rien entendu, qui travaillait à couper un arbre, juste à ce moment-là  abaisse sa hache. Il fait un bond, la hache tourne un peu et voilà, il s’est coupé l’oreille. Le petit garçon dit : « Oh ! pardon, excusez-moi, je suis désolé ». le bûcheron n’est pas en colère. Il dit : « Oh ! ce n’est pas très grave, ça s’arrange. Mais il faut la retrouver tout de même »

L’oreille est tombée par terre et il y a plein de feuilles et on ne voit rien. Alors les voilà tout les deux à quatre pattes, en train de chercher cette oreille coupée. C’est le petit garçon qui la trouve sous une feuille.

Il dit : « Je l’ai trouvée. La voilà ».

Le bûcheron dit : « Bon . voilà une bonne chose de faite. Maintenant nous allons aller tous les deux au village voir le médecin. On lui demandera ce qu’il faut faire ».

 

 

Et les voilà partis tous les deux vers le village. Le petit garçon a mis sa main dans la grande main du bûcheron et le bûcheron a mis son oreille dans sa poche, bien au fond, pour ne pas la perdre une seconde fois. Il ne manquerait plus que cela ! Ils arrivent tous les deux chez le médecin, qui dit :

« Bof ! mais ce n’est rien ça. Je vais arranger cette oreille en un rien de temps »

Il nettoie bien avec un coton et de l’alcool, il pose bien l’oreille à sa place et puis il met un bon morceau de sparadrap par- dessus. Et il dit :

« Vous gardez ça un moment et puis vous l’enlevez ça ira tout seul ».

Merci docteur. On vous doit combien ? 5 frs. Voilà 5 frs. Au revoir docteur. Encore merci.

Et le petit arçon et le bûcheron retournent tous les deux à la clairière. Gros Ours dort toujours. Il ne s’est même pas réveillé.  Il a seulement une de ses pattes posées sur sa tache noirs qui a glissé et qui repose par terre  maintenant. On voit qu’il dort toujours bien.

 Au bout d’un moment le bûcheron enlève son sparadrap. L’oreille est drôlement bien recollée.

Mais malheureusement, il y a un drôle de malheur. Le docteur c’est trompé. Il a bien recollé l’oreille, mais elle est à l’envers ! Mince alors ! Ils retournent tous les deux chez le docteur, qui dit :

« Oh ! pardon. Je me suis trompé ! Je suis désolé, excusez- moi. C’est de ma faute. Mais attendez, je vais arranger ça . Ce n’est rien ».

Il coupe l’oreille qui était bien collée, mais à l’envers. Il la pose à l’endroit et puis il dit au bûcheron :

« Cette fois, je ne pourrais pas mettre du sparadrap. Il faut la faire tenir avec un clou, jusqu’à ce qu’elle se recolle »

Il prend un marteau et un clou et puis il cloue bien l’oreille à l’endroit sur la tête du bûcheron et il dit :

« Bien, ce coup-ci ça ira. C’est sûr. Voilà »

Merci. Au revoir docteur. A bientôt peut – être .

Et les revoilà partis tous les deux dans la clairière . Gros Ours dort toujours tranquillement . Lui alors, il ne s’est rendu compte de rien !

Au bout d’un moment, le bûcheron enlève le clou et puis son oreille tient bien et elle est à l’endroit.

 

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Gros Ours est amoureux, d’un amour magnifique. Pour lui maintenant tous les arbres sont fleuris, toutes les rivières sont grandes, bleues et pleines de poissons et dans le ciel, le soleil est d’un jaune qui brille très fort. « Oh ! Que c’est bon tout cela », se dit Gros Ours .

Tout cela a commencé un beau matin juste après qu’il ait mangé son bol de miel, apporté par le camion rose, vert et bleu, conduits par la grand – mère avec une casquette. Le ventre plein de son bol de miel, Gros Ours toujours mal léché, se promenait, ne sachant pas que faire exactement.  Vous savez ce qui pourrait bien faire un ours pareil, vous, après le petit déjeuner ?Traîner à droite, à gauche, en attendant que le temps passe, voilà tout. Peut- être aller du côté de la rivière, pour regarder l’eau s’écouler. Peut – être bien. Mais quand on est mal léché, on trouve à redire même aux rivières qui traversent les campagnes et les forêts, histoire de redire quelque chose, pour continuer à être mal léché.

 

Bon, voilà donc Gros Ours on vadrouille.  Tout à coup, aux détours d’un arbre, surgit un ours.  Si vous aviez vu la tête de Gros Ours ! Il s’est arrêté comme s’il avait pris une porte sur le nez ou comme s’il y avait un mur de verre, qu’il n’aurait pas pu voir, puisqu’il serait en verre et contre lequel il aurait cogné de toutes ses forces. Il s’est arrêté comme un idiot et il n’a plus bougé, pas même d’un seul centimètre. Une véritable statue .

Vous vous direz : « Et alors ? Pourquoi Gros Ours fait –il une tête pareille, seulement parce qu’il rencontre un autre ours ? Ça existe, les ours, qu’est – ce qu’il lui prend ? Il est fou ? Moi si je rencontre un copain ou même un garçon ou une fille que je ne connais pas, je ne vais pas m’arrêter comme un imbécile, sans bouger, comme une statue. Il y a quelque chose qui va pas dans sa tête, à cet ours »

C’est vrai, on pourrait se dire ça . Mais en fait, on ne peut pas se le dire parce que Gros Ours n’est pas idiot. Ce n’est pas parce qu’il a vu un ours qu’il fait cette tête. Des ours, dans sa vie, il en a vu. Non. Il fait cette tête parce que cet ours, d’abord c’est une ourse, c’est – à –dire une femme. Mais ça c’est encore rien. Il fait cette tête surtout parce que dans sa patte gauche, cet ours femme tient un gros bol de miel, un gros bol de miel comme la grand – mère lui en apporte tous les matins . Voilà pourquoi il fait cette tête. Et avouez qu’il y a de quoi. Il n’en revient pas.

 

Alors à ce moment, l’autre ourse pose le bol par terre et puis elle s’approche de lui et lui envoie une de ces baffes, mon vieux, une baffe de toutes ses forces d’ourse. Et des forces, une ourse, ça en a, vous pouvez en être sûr ! Gros Ours a la tête qui tourne un peu et puis qui revient à sa place. Alors il lève une de ses pattes, qui ressemble à une raquette de tennis et il lui envoie à son tour une de ces baffes  en pleine figure, hé ! bien mon vieux ! alors elle lui rend sa baffe et puis lui redonne une autre baffes. En tout ça fait au moins quatre ou cinq baffes drôlement fortes qu’ils se donnent comme ça.

Puis après ils se sont arrêtés et ils sont partis tous les deux, en marchant côte à côte et puis en discutant, drôlement contents. Il faut dire que chez les ours, quand on tombe amoureux, pour dire qu’on s’aime, qu’on voudrait se connaître mieux et puis tout ça, hé ! bien on se donne des baffes. C’est la vie c’est comme ça.

 

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A quatre heures, Gros Ours a faim.  Il regarde le soleil et voit qu’il est quatre heure, parce que le soleil se trouve exactement entre le petit sapin et le grand chêne. Quand le soleil est exactement entre ces deux arbres, il est quatre heures, au pays de Gros Ours.

Quatre heures, c’est l’heure de goûter. Gros Ours se dirige vers la rivière. Il arrive sur un pont en bois . Il monte sur le pont.  Il regarde au fond. On l’entend qui dit à lui – même !

« Il est arrivé. Bon, j’y vais ».

Alors Gros Ours passe une de ses grosses pattes par dessus le pont, puis une autre grosse patte. Maintenant il est assis sur le pont. Et puis il bouge un peu et le voilà qui plonge dans l’eau. Drôle d’endroit pour aller chercher son goûter !

A peine tombé dans l’eau, un castor s’approche de lui et dit : «  Bonjour Gros Ours. Ça va, aujourd’hui ? »

Gros Ours est ravi . Le castor est un de ses meilleurs copains et il aime beaucoup prendre le goûter avec lui . Et voilà Castor qui sort des tartines de bain, du beurre, de la confiture et puis des fruits et puis es yaourts, du fond de la rivière. Il pose tout cela sur une grande pierre plate.

A ce moment- là, une barque, avec deux hommes dedans passent juste à côté d’eux.

 

Gros Ours et Castor font semblant de rien. Dans la barque, un des hommes se frotte les yeux et se gratte la tête et se frotte les yeux. Il faut dire que c’est vraiment un drôle d’endroit pour prendre un goûter ! Il dit à son copain : « Hé, tu as vu cet ours et ce castor, qui prennent leur goûter, assis dans l’eau, au milieu de la rivière ? »

Son copain s’arrête de ramer, regarde et dit : « Ça alors, c’est curieux »

Mais la barque s’en va toute seule, emportée par le courant et Gros Ours et Castor peuvent continuer à manger tranquilles. Gros Ours a fini le premier. Le Castor mange son yaourt plus doucement, parce qu’il aime vraiment ça .

Après ils ont tout bien rangé au fond de la rivière et puis ils se sont baignés au moins un quart d’heure, en jouant à plonger sous l’eau et à regarder les poissons et les rochers et tout ce que l’on voit sous l’eau.

Après ils sont sortis. Il se sont allongés dans l’herbe, pour  se sécher au soleil et Gros Ours était drôlement content d’avoir un copain comme Castor, pour  pouvoir prendre son goûter avec lui, dans l’eau, l’après midi.

 

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Gros Ours est très embété. En se levant de dessus un gros caillou sur lequel il s’était assis, il  a déchiré le fond de sa fourrure. Il y a un gros trou, juste sur la fesse gauche. C’est drôlement embêtant. Il ne reste qu’un moyen, c’est d’aller chez le tailleur, pour se faire recoudre . Juste en passant sur la rivière, par le pont, pour aller chez le tailleur,  son copain Castor sort la tête de l’eau et dit :

« Qu’est – ce –qu’il se passe ? »

Alors Gros Ours montre à son copain Castor le fond de sa fourrure et sa fesse gauche  avec le gros trou. Castor a bien envie de rire un peu, parce que c’est drôle, mais il ne veut pas non plus se moquer de Gros Ours. Il lui dit :

«  Hé ! bien mon vieux ! Je vais avec toi, t’accompagner chez le docteur ».

 

Gros Ours n’est pas d’accord.

« Mais non . Mais non. Pas chez le docteur. C’est l’affaire d’un tailleur ça. Je ne suis pas malade. C’est juste le fond de ma fourrure. C’est pas une blessure » .

 

Castor n’a pas l’air du tout de son avis.

« Ah, Gros Ours, tu es toujours comme ça . Il faut toujours que tu ailles chercher des idées pas possibles. Un tailleur ! Ma parole, pourquoi pas un dentiste ? »

 

A ce moment –là, il y a la copine de Gros Ours, la femme ourse, celle qu’il a rencontrée un jour dans la forêt, qui arrive elle aussi sur le pont . Gros Ours, qui la voit arriver, devient tout rouge.

Avec son trou au fond de sa fourrure, il n’a pas envie de se montrer . Et le voilà qui saute dans la rivière et qui s’assoit dans l’eau, à côté de Castor, comme s’ils discutaient depuis au moins une heure. Elle lui dit :

« Bonjour Gros Ours. Tu pêches du poisson ? Bonjour Castor, comment vas tu ? »

Gros Ours est drôlement embêté, avec son trou dans le fond de sa fourrure ; parce qu’il fait drôlement froid aux fesses. Et Castor rigole tellement, qu’il n’arrive pas a rester assis dans la rivière. 

« Hé ! bien, qu’est –ce –qu’il y a donc ? Qu’est- ce que tu as à rire comme ça, Castor ? »

A ce moment Castor rigole tellement qu’il tombe contre Gros Ours et  Gros Ours veut rattraper son copain, mais il tombe lui aussi et puis voilà qu’il roule dans l’eau et on voit bien le trou qu’il a au fond de sa fourrure.

Quand la dame ourse a vu ça, elle a compris tout d’un coup. Alors elle saute elle aussi dans la rivière, avec du fil et une aiguille et elle arrange le trou de Gros Ours et puis ils sont restés tout les trois dans la rivière, à se baigner et à nager.

 

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Et Gros Ours s’envola dans les étoiles. Il avait une façon bien à lui de s’envoler. Il serrait les dent et puis fermait les yeux et puis tout d’un coup ses pieds décollaient du sol et il volait. Cette fois cela se passa de la même manière.

Gros Ours se sentait crevé, complètement fatigué, parce qu’ il avait couru et couru toute la journée, avec sa copine l’ourse et nagé, nagé, avec son copain Castor. Après tout ce mouvement et toute cette marche et toute cette nage, il n’en pouvait plus. Aussi il eut envie de s’envoler. Et il s’envola dans les étoiles. Là- haut, pas de bruit, pas de nage et pas de course à pied. Gros Ours adore faire ça. Il s’envole et puis une fois bien haut, tout en haut, exactement à l’endroit qu’il a choisi, il s’arrête, attrape un nuage qui passe par là, un autre nuage plus petit pour s’en faire un coussin et il s’allonge tranquillement.

Quel silence et quel calme ! Il y a seulement un petit ennui : le vent. Quand le vent se met à souffler,  tout le nuage bouge. Alors Gros Ours bouge aussi et il a peur de tomber. Des fois, ça lui arrive, d’ailleurs. Le  nuage se met à bouger, à cause du vent et Gros Ours glisse dessus et puis il

 

 

Tombe . Alors il est obligé de recommencer comme au début : il serre les dents, il ferme fort les yeux et il attend de s’envoler à nouveau pour revenir sur son nuage. Le mieux, ce serait de pouvoir attacher ce nuage, avec des cordes, pour qu’il ne se renverse plus à cause du vent. Mais  à quoi est – ce qu’il pourrait bien l’accrocher ? Dans le ciel, il n’y a que des courants d’air, des bouts de lumière, des morceaux de bleu et des fois des oiseaux qui passent, c’est tout. On ne peut pas vraiment trouver un arbre par exemple, pour attacher la corde qui tiendrait le nuage. Alors Gros Ours remonte sur son nuage, il se rallonge et il recommence à se reposer tranquillement, en espérant que le vent ne le dérangera plus.

 

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FIN

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