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TABLE DES MATIERES:

 

1. LES BLANCHES AILES DU DESIR

2.ATTENTE

3. PUISSANCE

4. LARMES

5. LE TAILLEUR DE PIERRE

6. AMITIÉ (3 poèmes)

7. CORRIDA

8. UN MATIN

9.BLUETTE

10. PAIX

11. LES AMANTS

12. LA TIRADE DU TENDRE

13. NAISSANCE

14.LIBERTE

15.JE T AIME

16. IMPATIENCE

17. LES ZONES DU PLAISIR

18. UN COURS DE CALLIGRAPHIE

19.VOICI UN EMPIRE

20. LA MAIN DE RIOCHET

21. ATTEND

22. SON RÊVE

23.RENCONTRE

24.JOIE

25. SI JE PLEURE (3 parties)

26. AMOUR

27. PAIX (train)

28. LE BOUQUET DE TOURNESOLS

29. PLENITUDE

30. REFLUX

31. CORRIDA (2)

32. ANNE VINT

33. NAVIRE

34. J'AI VU UN ARBRE

35. VENUE

36. VACANCES

37. LA RIOCHE

38. RIEN SAUF ELLE

39. ELLE

40. COMME PARFOIS L HORIZON 

 

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page4

 

 

 

 

 

 

 

1. LES BLANCHES AILES DU DÉSIR

retour

 

 

Tu ne vas pas me faire l'amour et me peindre le premier soir

dit-elle, une bourrasque au visage.

Lui la regardait.

Il tenait tout d'elle?

Il tenait tout d'elle.

Un spasme.

Une volonté de lui en elle comme un pieu qu'est la voile d'un bateau.

 Il se recula. Se cambra. Se tue et se tua.

Il se recula.

Il venait vers elle par ce procédé inverse.

Il sourit

 Et son être debout volait déjà ce qu'elle avait d'elle pour lui

Un grand oiseau de nuit aux ailes blanches

Un vol de noir

Un souffle de vie.

Alors elle

 Se redressa droite et se mua en lui

 Comme les femmes savent le faire.

Il n'y eut plus de bruit

Que celui des souffles de leurs bouches

Qui taisaient la nuit, cette nuit, cette nuit

Alors il reposa son corps vivant et mort

Sur le sol de la plaine

Sur le sol des moissons

Il reposa son corps à elle aussi

Et une lente mort se fit

De leurs désirs assouvis à tous deux.

Comme un soleil.

 fin

 

_________

2.ATTENTE  

retour

 

Dehors tout semblait de vent et de nuit

Un retour du temps sur lui même

Une déroute peut être

En tout cas moi là et seulement cela

Puis des pas

Des pas inverses

Un départ qui venait

Un geste perdu de lui ou de ce vent

Alors revint une odeur

Tout lui en elle

Un regret

Une attente de rien

Ce soupir des terres blanches et fertiles

La graine se souvient de l'arbre qu'elle sera. 

FIN

 

_________

3.PUISSANCE

retour

 

Derrière le talus

 Un creux insoupçonné

 Une excavation creuse et verte

Un défoncement de la terre

 Là quatre fleurs

 De couleurs différentes

 Une lumière dessus

 Un peu de vent

  Nul bruit

 Parfois un chant devenu ailleurs de là

 Un pas lent qui passe loin comme une absence

 Un formidable souffle de poitrine qui ouvre la tête

 Un geste froid de mort

  Un glacement

 un cri sans un son

  Un visage qui fait sa défaite

 Deux bras ouverts

 On se relève

 On repart

 On respire

 On oublie

 On retrouve.

  Tout n'est que de la puissance de tes yeux qui ne me trouvent plus et qui sont pourtant sur moi. Comme ce matin où d'entre mes jambes ouvertes et rouges

 Tu es sorti mon enfant.

 FIN 

 

_________

4.LARMES

retour

 

Les muscles de la gorge crispés

Un sang dedans

Des dents serrées

Un souffle engorgé

Une poitrine de douleur

Un cri des oeils

Un spasme

Rien au fond

Et de là haut

Une larme se glisse

Tombe

Une tombe

Un malheur

Un épuisement de solitude

Un soupir encore

Une dévaluation

Un pas encore

Cela est fini

Il faut oublier

ET l'eau de la larme se souvient, elle, de ce bonheur qu'elle entraîne

Jusqu'à la commissure des lèvres

Où mes yeux viennent

Lui parler de la paix. 

FIN.

 

_________

5.LE TAILLEUR DE PIERRE

retour

 

un jour

je prendrais la pierre

Je serais face à elle

 et elle face à moi

Et ce jour

 tout me monde s'effacera

 Et c e jour

  Tout ne sera plus que ton corps de mes mains de pierre

 Le tien ou celui ce celui ou de celle

 Qui aura mes mains sur son corps

 Pour qu'avec la taille de la pierre

 Je lui donne enfin ma force donnée

  La taille que je lui crois

 Et mes mains mortes de ce triomphe

  Que je sais qu'elle mérite.

Que je sais qu'elles méritent.

 Car je ne suis que celui là.

  Fin.

 

_________

6.AMITIÉ (3 poèmes)

retour

 

Je passais seule ce matin

Le regard encore en moi

Des souvenirs de lui

Un rien qui me redisait le goût de ses lèvres

Une fleur de rire

Tout loin pourtant

Un ami perdu

Trouvé

Retrouvé

Et au fond

Aimé. 

Fin

...

 On les voyait marcher

Le pas identique, les mains libres

Un port de tête semblable

Des rires de gorges complices

Des mouvements l'un vers l'autre

On les voyait être amis

Sans doute.

Fin

...

Assis là, comme un bloc

Les mains croisées. Le regard en dedans

Un souffle venu de la poitrine profonde

Un geste d'ailleurs. Tout de silence

Un lit et l'autre couché

Un silence

Un ami mort que veille un ami vivant. 

Fin

 

_________

7.CORRIDA

retour

 

 

un peuple autour le souffle dedans la poitrine

Regardait les mains à l'entre cuisse

Et un rire de lèvres qui montrait les crocs

alors elle se leva un peu

Comme une poitrine donnée

Un vertige de nuages de fleurs à son cou

Toute en espérance

Le taureau vint

Il avait le front large et le flanc de palpitation

Un remugle de gueule

Et des cris pour éperons

Alors un enfant qui ne savait pas

Se mit à rire de lui même et seul

De telle façon que des femmes lâches

Ne l'écoutaient pas

Et le taureau refusa le combat

et fut tué là

Ridicule

Un enfant ce soir

Marche dans la ville

Va par les champs

Et sourit de sa vie

Qu'il aime bien

fin.

 

_________

8. UN MATIN                   

                                                                

                                                                         

 

 

 

 

retour

 

 

Un arbre léger comme une fleur

Un désespoir d'enfant lourd tel un papillon

Un regret de ce geste d'une main vers un sexe

Une doublure de soie à même la peau

deux pas sur les dunes

Une voile

Un regret encore

Et tout qui de moi te dit toi

Lors que ce matin

je revois encore

Ces larmes de toi

qui me coulent sur le cou

Lorsque ta tête

Combien près de moi

Tu étais seule

fin

 

_________

9.BLUETTE                                                        

                                                                                                      

 

 

 

retour

 

Dans un instant tu sais

 Dans un instant ce temps

 Dans un instant je vais

 Dans un instant sais tu

 Dans un instant ce temps

 Dans un instant toi

  Dans un instant moi

  Dans un instant ce soir

 Dans un instant tu verras

  Dans un instant

  Cet instant

  Qui durera.

   Fin 

 

_________

10.PAIX

retour

 

   J'ai détruit tous les mots

  Un à un

  Avec un acharnement quotidien

  Chaque mot venu analysé 

 Puis répandu dans sa chair

 Un puis l'autre

 Des années assis

  Le regard sur la nature

  Une herbe ici

  Un mot mort

  Ainsi que de suite

  Mais prenons des exemples de ce tribunal

  Accusé(e) levez vous.

   Amour? Alibi du crime.

   Liberté? Inexistante.

   Gloire? pf

  Argent? Le paradis des riches...

  Patrie? Racisme

  Égalité? D'autres le sont plus que certains

   Sincérité? Et mon q c'est du poulet?

   Attention aimable? Ressers un 102

  Aide? Rassure toi personne ne t'aide ni ne t'aide pas

   Ainsi de pas en pas

   Des pans de moi et de l'univers

   se sont croulés

  Tabula rasa

   Descartes m'indiffère

   Et venant de cette armée de destruction

   Le corps fier

  J'ai détruit encore

  Un saccage inexorable

   Une disparition autour de moi

   Des fuites dans la nuit

   Des pas si souvent écartés

   Un silence

   D'où peu à peu les ennemis se trompaient

  Rien enfin.

  Enfin de cette forfanterie simpliste

   qui se croit.

  Un décombre.

   Parfois un sifflet de mes lèvres mais si rare.

   Et enfin

   Le torse de moi ouvert

   Debout et perdu de fierté et d'orgueil

   Aillant sur le champs ces cadavres

   Je me suis assis

  Si tranquille de tout.

   pas même de triomphe.

   Cherchant seulement un mot simple qui soit compris

  Un bout de pain

  Rien quoi.

   Alors

   Du fond de cette lumière qui ne parlait que d'elle

  Sans moi

  Sans plus

   Un mot s'est levé

   Il m'a regardé

  Il a dit "Je suis là"

  je l'ai vu

   Je me suis dressé

   J'ai pris mes armes

   Je les ai fourbies

   J'ai lutté.

   Et ce mot s'est arrêté.

   Il est venu à moi.

  Je lui ai dit "Je ne peux te détruire"

   Il a souri.

  Il est parti.

  Il ne m'a jamais plus quitté depuis.

  Paix. 

Fin.

 

_________

11.LES AMANTS

retour

 

 

Alors le corps plein d’elle

Lourd d’elle encore

Défait et seul

Tout de ses seins dans les mains que je tenais loin d’elle

Encore de ses lèvres sur l’épaule

Encore de ses yeux dans les miens

Encore de l’odeur d’elle

Encore de cette défaite de jambes vibrantes encore

Alors de mon ventre monta un souffle

Une palpitation de vie

Une force que je ne savais pas

Un autre enfant du désir

La vague exacte d’elle

 

Elle

Qui revenait en charge de moi

Pleine

Puissante

Victoire de ma défaite

Ses épaules blanches et comme passantes

Comme passant vers moi

Comme un nuage d’orage

Comme une plénitude

Comme le tonnerre de l’éclair

Je levais les yeux de ma tête

J’ouvrais la bouche de cette pression

Et là je sus elle.

Elle venait.

Je ne trouve pas d’autre mot

Elle venait.

Je failli mourir.

 

Cela ne se dit pas.

On a les larmes qui font de l’eau sous les paupières.

On fait barrage par fermeture.

Et de là- haut, de ce coin du visage

Une perle roule et se pose sur la pointe de son sein à elle, fort.

Une colombe abreuvée.

Un oiseau de nuit abreuvé.

Une larme pour son sein.

Un geste des yeux.

Un mouvement de bras vient alors prendre tout

Une capture.

 

Une capture.

Un fauve qui se réveille.

Des muscles durs et tendus comme une corde de désir

Qui va rompre.

Enfin elle.

Cela ne se dit pas.

Un envahissement du territoire de la matière.

Un tourment d’elle.

Une torture de moi.

Et alors elle se posa

Les fesses rougies

Le souffle sans bruit

Comme un silence de sa poitrine

Et le feu se fit autour de moi

Un pieu d’immolation à  son venu

Un engouffrements par les cuisses

 

Et un mouvement tout à coup de la musique de ses hanches

Un son perceptible

Et moi moi

Le membre dans cet enfer qu’elle me faisait

Je roulais partout

Le dos écrasé

Les mains jointes sur ses joues

Sa tête à moi par se geste

Et elle refaisait de moi

Un trou de vagues incessantes

Comme cette mer qui m’avait alors

Cette mer déchaînée et forte

Qui par vagues venait prendre mes pieds

Que j’avais mis en elles.

Alors elle se pencha avec du rire dans les dents

Elle se pencha

Et les lèvres de sang douces de baisers

Elle dit comme pour elle

Comme si j’étais elle !

Elle dit sourdement

« jouis »

cela ne se dit pas

 

j’ ai tout perdu de moi pour elle

j’ai mis moi en elle

comme elle me mettrait moi en elle

avec des spasmes de douleur

le cœur arraché

mes yeux dans les siens

alors elle m’a souri

elle riait presque

et elle a dit comme à elle même

comme si j’étais elle

« je jouis parce que tu jouis »

et je ne vis plus rien d’elle

que sons jouissement souple

et sa tête là haut

rejetée de moi, elle de nous

et cette jonction des plaisirs

ce dé plaisir de tout autre

qui conduisent les corps

a devenir des cadavres d’amour.

Alors elle m’a pris le  visage dans ses lèvres

Elle n’a rien dit

Et son ventre en bas reprenait encore de moi

C’est là que je suis mort.

 

Je suis mort.

Et alors

Elle qui le savait de moi

A  allongé son corps de beauté folle de tout ça

Et dans mes bras refermés sur elle

Elle s’est perdue aussi

Oui elle s’est perdue aussi.

 

Et je la retrouve encore

Oui je la retrouve encore

Quand par bonheur

Nos rêves se croisent

Et se redisent

Ce moment de chair

Qu’elle nous a donné.

Je me souviens de tout.

Cela ne se dit pas.       

C’est pourquoi de te l’écris.

Fin

 

_________

12.LA TIRADE DU TENDRE

retour

 

En ces recoins de vous

  Une odeur

 Un rêve, ce soupir hier

  Le voile jeté sur vos seins

  Un rien de vous

  Que dis-je?

  Un tout de vous qui vous semble rien me sera tout!

  Et ce billet que là je glisse

   Sous le gant de votre main

   Que vous ôtiez une heure passé déjà

  Et que vous trouverez en le reprenant

   Vous dira fort mal

  Tout le bien qui me vient

  Lors que votre main

   Se dénude

   Sous votre main et que vous posez les yeux

   Un peu plus loin

  Là où je ne suis pas

  Cette langueur dan s les yeux

  Qui me perce le cœur

  Qui vous traverse en dehors de moi

   Et que je sais n'être pas de moi ni pour moi

  Cette lumière

   Cette nuit

   Ce cri sans bruit

   Ce sourire vers moi

  Et moi les traits détruits de ce trait de vous

  Qui ne venait pas pour moi.

   O madame ce jour

   Je viens à vous mort

   Et vous supplie

   De vouloir faire de mon corps

  Un être vivant

   Et amours tous gants ôtés

   Je vous dirai ceci simplement:

   Soyez vous, aimez vous, vivez, quant à moi

  Mon épée posée là

   Et son fourreau vide

  Je remets en cette nuit de parfums

   Toute ma paix à vos pieds

  Que je vous demande et mande

  De ne pas fouler.

  FIN

 

_________

13.NAISSANCE

retour

 

 

Que nul ne te domine

Ni dieu ni maître

Tu es ta force

Et tu viens ici avec elle et elle seule

 Je ne suis que celui là

Je ne suis que celui là qui accepte ta venue pour que ce soit toi qui vienne

 Un point c'es tout

 Et ce sera toi qui repartira

 Fière, seule, conquise par toi à toi

 Et dans des nuits de solitude

 Tu retrouveras un rire de moi ou un mot ou un geste

 Qui te fera redevenir à nouveau toi

 Comme tu sais le faire.

 Seule.

 Comme toi seule sait le faire.

 Et tu penseras de moi

 Des moments déjà estompés

 Que tu ne pourras oublier

Comme le triomphe d'une défaite d'une victoire

 Sur toi.

Je te bouscule pour que tu sois toi

 Et sous mes coups de riens tu te fais toi

fin.

 

_________

14.LIBERTÉ

retour

 

 

j'avais les mains au corps

Liées à moi par les bras

Des poignets de chaînes

Un entremélements de membres

Un enfouillissement de moi

Une décarnation

 Des mains de pierre

Une sculpture  de nuages dans ma vie

Un cri des doigts qui me braillait l'aveugle

Tout de cet univers cosmique

 Là! Là en mes mains mortes!

Alors tout brusquement

 Des rouges pour espoirs qui prenaient la forme des sanglots

Alors et alors seulement

Les bras lâchés

Tout réduit à rien

Un jour se fit jour

Et je sus enfin, enfin!

Que la liberté n'existe pas.

FIN

 

_________

15.JE T'AIME

retour

 

 

Alors il lui vint celui là.

Elle se leva le corps détruit déjà.

Le sien ou le sien.

 Elle ne savait plus, déjà.

 Elle se leva et regarda devant elle.

 Tout de son dos dans son dos craquait.

 Un rétablissement de vertèbres désincarné et résonnant d'os dans la nuit de ce matin.

 Alors elle sut.

  Elle de son corps à elle se fit une parure.

  En son état.

  Tel qu'elle le tenait en elle.

 Morte vivante sans façon de manière.

  Elle retira ses objets qui lui tenaient sa peau

  Elle rétablit son équilibre

  Elle se lava d'elle et de tout et de tous.

  Elle cracha au sol avec joie.

  Elle retrouva ses seins son ventre ses entrailles sa mémoire son espoir

  Elle se fit femme d'elle

  Elle se fit elle

 Elle reposa enfin sa tête sur le sol empli de soleil ce matin

  Elle se revit elle enfin

  Et se prenant dans ses bras elle même

  Elle se murmura ces mots que la rosée prit:"

   Je t'aime"

 Fin.

 

_________

16.IMPATIENCE

retour

 

Comme une définitive définition de l'immobile.

 Ce mouvement fini.

 Rien de plus.

Un conglomérat d'étoiles, mortes d'un futur.

 rien.

Une patience.

 Une carte.

 Une autre carte.

 Dame de pique.

 2 de carreaux.

 7.

 Une carte.

   Une patience.

 Dehors le ciel se fait moi.

  Une carte.

  Dehors rien.

 Une carte.

 Impatiente.

 Viendra-t-il?

  Une carte.

  Un thé.

 Je bois.

  Impatiente.

   Mes cuisses se brûlent de moi.

  Une carte. Un 9 de cœur. Un sourire.

  Il viendra peut être.

  Un 4.

  Le ciel dehors parle de moi à lui.

  Une carte.

   un 6.

  Quelle robe vais-je mettre?

  Une carte.

  Je vais lui sourire.

  Une carte le...

  Un enfant vient me pleurer.

  Je le console.

   Une carte/ 5.

  Dehors il va pleuvoir.

  Des soldats vont mourir.

 Je ne suis pas lasse.

   Une carte.

   Une patience.

   Une carte

   Il avait ce matin le visage de marbre de ses mauvais jours.

  Une carte.

  Je l'aimais pourtant.

   Une carter 3 de trèfle.

   Une patience.

  Une impatience.

   Alors je me suis levée

  J'ai tiré mes bras de ma tête et par dessus elle

 j'ai vu mes seins sous cet effort j'ai ri

  J'ai repris de moi

  Je me suis allée par là

  Vers ma patience

  J'avais mal au dos

  J'ai souri

 Je me suis faite de moi

 J'ai touché mon visage

  Et des mots me vinrent.

 J'ai ri.

  Je suis impatiente moi!

  FIN

 

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17.LES ZONES DE PLAISIR

retour

 

 

Les Anciens

Disent les zones de plaisir.

De haut en bas.

 Le cuir chevelu demande des doigts. Et un baiser.

 L'oreille est de souffle de la bouche.

  Les yeux des autres yeux qui les prennent.

  La bouche est un temple d'attente.

  Le cou le centre.

  Les clavicules une salière de désirs.

  La pliure du bras un espace de tendresse.

  La paume de la main un recueil.

   Le doigt sucé une douce attention.

   Les seins des oiseaux.

   Le ventre un respect.

 Les hanches des poignets d'amour alliés aux poignets des bras.

  La cuisse en son intérieur un monde de soie pour elle. Pour lui.

  Le sexe un abandon.

 Le monde de la lune derrière lui.

 Le genou un moment d'extase avec la bouche dessus.

  La cheville cernée d'une main avec vigueur du désir.

  Lécher et sucer les doigts de pied. Longtemps.

  Le plaisir retiré là est immense.

  Demeurez attentif à la voûte plantaire.

 Baisez là et léchez là.

  Ayez soin du talon.

  Donnez à la femme

  La position sur le ventre.

  Le parcours de son dos et de ses cuisses

   Ressemble à celui que fait la mère qui accouche.

  Tenez les fesses écartez et léchez le trou de sa vie.

  Lentement. l'anus est un centre.

  Enfin voici son arbre de vie; chaque vertèbre est une feuille.

  Touchez là.

  Enfin les dents doivent mordre la nuque

   Comme le tigre sa femelle

   Pour qu'elle se réjouisse

  D'avoir été découverte.

  Les Anciens savent cela

Que je te redonne

Pour que ton corps

Soit en paix.

FIN

 

_________

18.UN COURS DE CALLIGRAPHIE

retour

 

 

 

Je mettrais des signes   sur ta peau de mes doigts
Et tu verras entre tes seins

Comme s'écrivent
 Les mots le plus secrets
 Et ceux que tu sais
 Et tu démêleras le vrai du faux
 Sans regarder ce que je trace sur ta peau
 Sans savoir ni cette fois ni une autre
 Les traces de l'autre
 Et les tiennes qui effaceront
 Ces mots de ta peau
 Lorsque sur la mienne
 Tu d'exerceras à retrouver
 Cette calligraphie de gestes
 Qui t'enseignait cette fois les caractères chinois
 Et les positions du Kama-Sutra.
 Et lorsque tout te sera lisible
 Visible
 Enfin je veux dire quand tu sauras lire avec ta peau
 On dira enfin que les mots
 N'ont plus de secrets pour toi
 Et tu les rediras alors et alors seulement
 Avec tes lèvres
 Alors que lentement sur ton ventre
 J'écrirais de cils battants
  "Je suis près à mourir pour toi"
 Longue phrase que tu aura du temps à lire
Toute ta vie et toute la mienne
 Et  lorsque la mort m'emportera
 Tu relira à volonté de ton ventre
 Ces mots tracés par mes yeux
 Alors que vivant je me penchais sur toi
 Pour écrire cela à même ta peau.
 Fin

 

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19.VOICI UN EMPIRE

                                                   Oliviers à Montmajour ;  1888 (Vincent Van Gogh)

 

retour

 

Voici un empire.

Ici les vignes

Là des bois

Ici la route

Là une bâtisse

C'est à moi

Regarde

Touche la terre

Penche toi

Mon empire a soif

Il n'y pleut pas

Parfois des jours de la pluie se fait mais il ne suffit pas pour la terre de ces gouttes qui tombent ou bien trop vite ou peu.

La terre craque.

Rien n'est gras ici.

Le ciel nous fait maigres.

 

Je suis debout devant toi

Tu as dans le corps de la vie.

On ne voit plus cela ici depuis l'automne des pluies qui est oubliée des anciens même.

Approche.

J'ai deux mains. Elle taillent la pierre sèche et en tirent des forces de paix.

Donne tes mains

Pose les là sur mes épaules.

Reste droite.

Prend mes yeux.

Rie.

Et maintenant ouvre tes cuisses, ouvre ton sexe, ouvre ton ventre, détache toi de toi et coule sur tes cuisses  l'eau de ton désir.

Jouis.

Debout et que je ne te touche.

Mouille ma terre.

Embrase mon empire.

C'est à toi que je  bois.

Et la caillasse te regardera

Les herbes mortes se redresseront

Un oiseau criera dans la nuit

Et mes lèvres à ton sexe boiront de ton eau de vie qui me redonnera vie. Sois la source de mon empire et abreuve moi.

Coule.

Coule de toi vers moi.

Je te bois pour ma terre.

Je suis ma terre.

Elle a soif et puisque c'est toi qui est venue au bout du chemin qui mène à moi

à elle et à nous, je te donnerais ce que j'ai, ce qui me reste, et ce que je n'ai pas et que je volerais pour toi, comme toi à toi tu prends et donnes cette eau qui tombe de tes cuisses ouvertes, sur ma terre.

Sous les yeux

Sous mes lèvres.

Sous moi.

Un puits infini de tendresse.

ton plaisir mon adorée.

Fin

 

_________

20.LA MAIN DE RIOCHET

retour

 

 

 

Un détour, une arborescence, un rien redit

 Hier déjà cette rivière passait

 Un murmure de toi

 Et cette fois

 Un nuage passait aussi

 Comme cette eau

 Elle ne le voyait pas

 Il ne disait rien

 Elle passait aussi

 Cette fois encore un mouvement de tout vers elle

 Et elle là, la poitrine lâchée

 Tout d'elle perdu, éperdu

 Ce jour là encore un mouvement

 Un bol reposé, un regard flou, un fruit qui brillait

 Ce matin là encore ce geste

 Qui ne disait plus rien

 Un vide d'elle

Un moment d'abandon

 Et cette force de vie

 Qui revient dans les reins

 Un cheval de galop

 Une odeur

 Un rire d'enfant brusquement

 Une larme

 Puis plus rien

 Elle une femme. Un geste d'elle. Tout achevé.

Un rire d'enfant.

 Elle se leva.

 Le bruit de cette rivière déjà...

 Sa main ouverte.

 L'enfant glisse la sienne

 Elle ferme.

 Ils partent.

 Je demande la paix.

 Fin 

 

_________

21.ATTEND

retour

 

 

 

 

 

Je n'ai jamais vu de quazars aussi grands

 cela prenait l'horizon

 Un noir des tréfonds

 Une matière nue et nulle d'elle même

 Un trou noir

 Du vide dedans

 Une inspiration de l'aspiration

 Un regard mort.

 J'ai rejeté mes vêtements

 Ma peau ne me paraissait plus moi

 Je me suis mise là

 J'attendais

 Un silence

 Un geste

 Quelque chose

 Moi 

 Je ne sais plus

 J'ai refais ce moment

 Maintes fois

 Sans plus

 Sans rien

 Sans lui

 Avec eux

 Un mouvement des étoiles vint changer la face des astres de la nuit couverte de ruptures

Je me suis assise.

 Je n'ai rien dis.

 Je n'avais rien à penser.

 Je ne suis qu'une attente.

 Je ne suis que tes yeux vers lui.

 Je ne suis pas moi.

 Je suis un moment.

 Un oubli.

 Mon ventre me crie.

 Je suis une paix que les gens trouvent dans la rue pour rien

 Le ciel est mort  de moi

 Alors la fleur du fond du ciel noir

 Surgit

 La gueule ouverte

 Des dents de feu dedans

 Un piége de force

 Une exposition de violence

 Tout partant de sa grossesse

 Une hideuserie

 Et de ce lent combat du sombre

 Un rien vint

 Et lui dit

 Je suis toi comme la paix se sème

 et nous ne nous verrons plus jamais.

 FIN 

 

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22.SON REVE

 

 

retour

 

 

 

Un bol de lait fumait sur la table de bois.

Une odeur de miel se mêlait.

 Pas un nuage au ciel bleu et lent.

 Un chat arrondi.

 Une douce pensée revenue de la nuit avec ces couleurs     sépia.

 Un geste tranquille.

 Une gorgée bue avec plaisir.

 Tout remit de place droite.

 Un joli sourire de lèvres.

 Un petit rire aussi de la gorge .

 Tout chez lui l'attirait.

 FIN

 

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23.RENCONTRE

 

 

retour

 

 

 

La rupture de l'horizon semblait nette.

Le regard ne trouvait pas de point d'appui.

Depuis longtemps je sais le souffle.

Parfois un soubresaut, léger.

 Un matin un doute ou bien un regret

 Depuis longtemps je sais le souffle.

 Hier encore... Mais qu'importe.

La terre se fait forte avec de l'eau en elle.

Depuis longtemps je sais le souffle.

Cet enfant rit et ses lèvres entrent en  moi.

Un jour il sera moi comme je serais lui ou le fut.

Depuis longtemps je sais le souffle.

Un sanglier fouille le sol pour manger dans la forêt.

 Une étoile se parle à elle même.

 Depuis longtemps je sais le souffle.

 Elle semblait heureuse les cuisses ouvertes.

Ce bruit qui nous fut musique!

 Depuis longtemps je sais le souffle.

Depuis longtemps de rendre compte

Depuis longtemps de nos rencontres

Depuis longtemps je me rend compte

Depuis longtemps je ne me rend pas compte

De toi.

FIN

 

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24.JOIE

 

 

retour

 

 

 

Une vache allait.

Une marguerite là fleurissait.

 La vache allant allait

 La marguerite se marrait car

 Une vache allant n'allait pas la bouffer.

  Mais La vache à lait avait besoin d'aller

 Bouffer la marguerite qui se marrait!

 Alors

 Le marais voyant la joie de la vache qui allait

 Bouffer la fleur dit:"

 Allez va sois pas vache laisse là aller"

 Et la vache entendant le marais se marra se marra

 Et dit à la marguerite: "

 O le beau coquelicot!" et la croqua.

 Moralité:

 Là où y'a de la joie

 Y'a du plaisir.

Fin.

 

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25.SI JE PLEURE ( en trois parties)

retour

 

Si je pleure...

 Si je pleure alors

 Tout de moi barré rompu enfin

 Sera de moi

 J'ai hâte de mettre un corps sur ces mots

 Alors de moi rompue enfin

 Fière seule moi oubliée

 La tête droite

 Le regard là

 Des yeux de braises dans cette nuit qui n'est pas la mienne

 Belle de moi enfin de moi moi

 Avec cette hâte de mettre un corps sur ces mots

 Je jetterais enfin à bas

 Tout ce qui me défend de moi

 Tout ce qui ce matin encore me prit la faim de moi

 Je me mettrais là

 Et sur le silence de toi qui me donne tes yeux

 Je te dirais

 Je suis venue mettre un corps sur ces mots

 Et ce corps est le mien

 J'en suis la reine

 J'en suis le roi

 J'en suis maîtresse

 J'en suis pour toi

 bonjour

 Je suis venue mettre un corps sur tes mots

 Je suis cette femme

 Allons.

 J'ai faim

 J'ai soif

 Montre moi tes terres

 Je suis lasse

 Donne moi du lait de boire enfin

 Et dis moi que je suis là

 Pour mettre en mon cou

 Tes lèvres qui me disent

 "Bonjour"

 Ce soir o* je vins

 Te dire que je suis moi.

 

.........

 Alors je vins moi de mon corps

 Et en ta maison et en tes terres

 Les jambes plantées

 Tout le ventre et le bas ventre ouverts

 Le rire ouvert

 Cet enfant de moi enfin enfin! enfant de moi

 Des douleurs d'accoucheuse, de fileuse d'ange

 des cris dans la gorge retenus et enfin enfin enfin donnés

 Pour que ce silence jamais ne revienne

 Et que ce silence enfin enfin enfin soit meut

 Car je suis venue poser mon corps sur tes mots

 Qu h'hier encore tu ne disais pas

 Puis que je ne t'écoutais

 Sourde à tout

 Muette de toi

 Donne moi tes yeux je suis là

 Et je suis cette femme

 Qui te dit

 Je suis moi.

Et enfin à la fin

 Le poing au flanc

 Le sourire aux lèvres

 Je repartirais de toi

 De tes bras et de tes terres

 Faite femme et engrossée

 Du désir de toi

 Qu'à la fin je garde de toi

 Quand encore ce matin

 Tu posais tes mains sur moi

 Et des mots sur mes reins

 Des soupçons de désirs

 Des vagues perdues ce matin

 Ce matin te quittait

 Ce matin te quittait comme moi

 Jamais ne le fis

 Car je suis venu sur ton corps

 Poser les mots de la mort

 De mon silence.

 Fin!

 

.........

Final: 

Hier est ce jour un souffle me toucha

Et les jambes sous moi

J'ai revu qu'il pensait à moi

Je sais qu'il pense à moi

Il est fou

Il pense à moi

Et je suis folle

Je pense à lui.

 

Je t'embrasse, mon ami.

 c'est alors que seule avec moi, enfin!

 Les mains de son corps pleines

 Moi femme pleine enfin!

 Un mot monta de mes lèvres qui le désiraient encore

 Un mot d'amour que je n'osais jamais lui dire

 Ce mot d'une femme

 Ce mot qu'un homme ne dit pas

 Ce mot que sur ton corps je vins déposer

 Les yeux ouverts

 Les cuisses ouvertes

 Les bras ouverts

 Enfin je veux dire moi en un mot

 Ce mot que sur toi je laisse

 Enfin enfin

 Ce mot qui te dit de moi tout

 Paix.

 

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26.AMOUR

retour

 

 Sa main vola sur moi

 Comme vole un voleur

 Comme je l'espérais

 Comme il le fit.

 Alors moi le corps perdu de tensions

 Tout de moi vers sa main qui me volait mon corps

 Alors moi

 Femme fière et qu'il me trouvait belle alors!,

 Moi enfin

 Le sexe de lui pour moi à lui

 Sa main qui passait dessus moi

 Je lui pris la main

 Et avec ce que je savais de lui

 Avec sa douceur perdue éperdue de moi

 Avec moi

 Je pose sa main de ma main cernée et prise

 Je la met là

 Entre ma jouissance de lui

 Et du même mouvement qui me quitte de lui

 Je prend aussi ses yeux avec les miens

 Et lui dis "Tiens"

 Sachant qu'enfin de lui

 J'ai sa main sur moi

 Et mon sexe à moi

 Que je lui donne

 Qu'il ne me prend pas

 Comme tout à l'heure sa main

 Cherchait à tracer dans sa paume la ligne de sa chance

 Comme ce soir sa main

 Traçait la linge de l'espoir

 Qui ne ressemblait pas à mon corps

 Mais que là

 Lasse belle seule et enfin à lui

 Je lui donne

 pour notre jouissance.

 l'entre jambes de moi

 Son plaisir à lui.

 Enfin qu'enfin sa main qui volait sur moi

 Ne me vole pas

 Ce que moi je suis de lui.

 

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27.PAIX 

(suite au contexte: si le train pouvait dérailler)

retour

 

Je viendrais au dessus de ton cadavre

Dans la ferraille

Et le feu

Dans les cris des enfants

Dans le sang avec mes pieds nus

 Et les mains sur ton corps

 La tête folle de ces douleurs alentour

 Je referais ce train qui roule

 Je reprendrais les morts un à un

 Je les lèverais et les laverais

 Et de toi et de cela

 Je referais un monde de paix

 Sans sang

 Sans meurtre

 Sans rien

 Sans espoir

 Sans honte

 Juste un monde là

 Et un seul cri un seul mot un seul désir

 Debout et fier

 Un seul mot qui enlèvera tout

 Toutes les brisures

 Un seul un seul enfin

 Que ma bouche dira à ton sexe

 Serais tu homme ou femme

 Un seul mot de mes lèvres

 Celui là que tu sais

 Tout effacé des décombres

 Un seul.

fin

 

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28. Le bouquet de tournesols

Retour

Je ne me suis occupé que des fleurs

 

Aussitôt moi venue

Toute parvenue

Je me suis mise à nue

Et les mains tenues

J'ai touché mon corps nu

Et lui comme ma cornue!

Montait puisque je l'ai vu

dans ce bouquet de tournesols venu

De ses mains tenu

De ses mains tenu

De ses mains tenues sur moi nue

Qui me redisaient lui nu

Quand mes mains le tenaient nu

Dans mes mains nues de lui.

 

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29. Plénitude

Retour

 

Le cosmos noir la laissa passer.

On eut dit un ange.

 Une traînée de lait.

 Avec des points de rouge de feu orange qui laissaient des traces.

Le noir se reforma d'elle.

Là bas un souffle de vie.

Mais loin!

Le noir reformé.

Il est probable que la lumière pense

Pense le poète.

fin

 

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30. Reflux

Retour

 

L'espace sans sens.

Une radicalisation des étoiles dans un noir définitif.

Pas même une filante. Rien.

Parfois une pulsion rouge.

Une palpitation soufflée par un milliard d'années perdues là.

Une pulsation imperceptible.

De l'anti- matière à l'état brut, brutale, confondante.

Un rythme?

Non.

Rien.

De l'espace sans temps.

 Rien et toujours rien et toujours rien. Rien.

Comme la pluie quand il pleut, qu'il pleut, qu'il pleut.

Un spasme.

 Un flux sans condition.

Un flux.

Puis un encore.

La galaxie s'étonne.

Un flux.

Alors dans la nuit définitive faite à la morte

Un pas se fit

Un seul.

Un retentissement inouï

Un pas un seul un pas un seul un pas un seul

FIN

 

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31. Corrida (2)

Retour

 

 

 

 

 

Le soleil se tenait partout.

Le sable jaune le tenait aussi.

 Une femme là haut s'éventait.

 Lentement et la robe large sur ses cuisses.

 En bas, un silence parfois trouait le bruit.

 Des hommes les reins cassés

Le bras fier

Un sourire des lèvres

 Passaient.

On criait partout.

Un autre le gosier de feu, fantanguait.

Une guitare si loin si loin si loin, jouait.

 Le soleil dominait.

Elle s'éventait.

Lentement.

On ouvrit le toril.

Une femme se tenait dans le sable, le talon en lui et dans l'ombre du soleil.

Droite.

Matadore.

 Il se fit du silence.

  Elle cambrait le rein.

Elle avait des seins.

Et une cape.

 Là haut l'autre s'éventait, lentement.

 Deux hommes bougèrent les jambes.

 la bête entra.

Elle ne voyait rien.

 Le feu partout.

  Ca cria.

Un homme la chèvre aux lèvres lâchait dans sa gorge un jet ténu de vin rouge glacé.

 Il se régalait. 

La bête avança.

 Elle; sortit de l'ombre.

 Face à lui.

 Une femme matadore.

 On avait jamais vu ça.

 On rit dans des gradins.

La bête gratta le sol.

 Et charge.

Elle l'évite.

La cape part.

Revient.

On gronde dans les gradins.

 Le monstre revient.

C'est une bête de Don Carlos de Ribera de santas.

Un fort lui.

On rit.

Elle là haut s'évente.

Un homme lui rit le visage.

 Elle rit.

La bête charge.

 Elle fait un geste et passe sous la corne qui l'éventre.

 Là haut la femme s'évente.

Un homme ne lui rit plus au visage.

 On enléve son corps.

On rit.

 Elle là haut ne s'évente plus.

 L'homme est parti.

 Le soleil frappe.

Le toro de Don est là.

IIl gratte le sol.

Les gradins sont vides.

 La bête a soif.

 Elle est seule.

Alors j'ai posé mes mains sur son échine

J'ai ployé la masse

Je l'ai posée à ses genoux

 Et d'un baiser de feu

Je lui ai pris la vie

 Et son sang

Et sa force

 Et toute sa mort

Que j'ai craché au sol 

 Dans le sable de soleil

 Et cela donnait du rouge dans le jaune

J'ai placé le pied de ma jambe là

 J'ai mélangé

Et un orange est venu

De la couleur de l'orange

Que j'ai bu.

 La bête souriait.

 Là haut la femme est revenue.

Elle s'évente.

fin

 

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32. Anne vint

Retour

 

Puisses tu de toi

N'être pas ce pieu de guerre

Qui si souvente fois

Vint sur moi

Veiller la guerre de la paix

Qui je le crois

Je te donnerais

Toi qui vins ce soir

Me redire enfin pour la première fois

Je ne viens pas te tuer

Ni t'aimer.

Je viens simplement

Me donner.

Aimons-nous veux-tu?

Fin

 

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33. Navire

Retour

 

Je n'avais pas vu que la voile partir

Les cales étaient pleines aussi

Les flancs gonflaient.

Les marins déjà fatiguaient de la tache.

Les passerelles ployaient.

On comptait les pas des hommes chargés des chargements qu'ils chargeaient.

Chacun des pas des marins tremblaient la passerelle.

La coque se gonflait.

On croyait un rêve de riches qui comblaient un navire.

Sur les ponts on se tenait rigides.

L'œil sur l'embarquement et l'esprit inquiet.

La masse paraissait trop.

 Le second siffla.

On tira les amarres.

Les matelots se firent singes pour les voiles.

 Le Patron replia la carte.

Un mousse se retira à fond de cale, le cœur dans les mains.

A la proue, il cria: "Dix huit pieds"

Ils sortaient du chenal.

Les vagues alors s'y mirent.

On eut dit un roulis de l'enfer.

 Le bâbord passa à tribord.

Un mat de misaine craqua.

Un rat se jeta à l'eau.

Un rivet sauta.

La coque fonça devant l'eau.

Le vent lui vint.

Et répéta son chant qu'il lui préparait.

 Le Patron dit "En avant toute"

 Un Vieux, qui savait, mordit un citron, alluma sa pipe, cracha sur le bois du bastingage, y passa la main dessus, se frotta à son bleu, souffla se sa fumée de ce tabac de marin, rit un peu et regarda devant.

La barre était franchie.

 Les hommes se mirent aux hamacs.

 A terre, elle soupira et regarda le feu.

 Femme de marin, femme de chagrin.

 fin 

 

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34. J'ai vu un arbre

Retour

 

 

Une fois, j'ai vu un arbre.

Il se tenait couché

Le tronc ouvert par le vent.

 La pâlie donnait tout de lui.

On percevait encore le cri qu'il dut pousser

Pour sa chute.

La terre autour de lui semblait de labour.

La bas au loin une racine paraissait.

Comme sans lui.

 Une odeur alentour si forte!

Tout son long dans la boue.

Le feuillage vert de désespoir.

Je crois bien me souvenir que pas un oiseau.

Je crois bien me souvenir que pas un oiseau.

Tout son passé dans le tronc excavé.

des spirales de pluie dans le bois ouvert au coeur.

 Rien de plus.

 Tout le flanc en terre.

Et long et mort.

 Une fois j'ai vu un arbre.

 fin

 

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35. Venue

Retour

 

Je te dirais des choses dans le visage qui te viendront à toi et que tu ne pourras que souvenir.

Tu repartiras de moi avec toi

Tu seras celle qui est venue

Et je ne serais plus seul de moi

Et quand tu partiras

Et quand tu partiras

Je serais seul de moi avec toi

Les poings aux flancs

Et encore de toi la trace de toi

Comme un mort debout

Qui regarde la vie vivre

Et qui revit d'elle.

Comme je suis mort pour toi

Comme tu m'as fait vivre.

 Et comme nous rions de nous!

 De la paix en étendard.

fin

 

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36. vacances

Retour

 

Vacance de toi

Vacance de moi

Une absence, une vacance

Un oubli, un passage

Un rien négligé

Et la vacance se fait

Un jour sans lui

Une vacance

Alors ce matin je me suis levée

Décidée

Seule enfin de lui

Captivée par moi seule

Et je suis partie

Enfin

En vacances!! 

Fin

 

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37. La Rioche

Retour

 

Un contre bas de champs de vignes.

Une cabane.

De la pierre et de la terre.

Deux chênes.

Cinq siècles.

 Des ouvertures au Midi et au Sud.

 Le reste, bouclé.

Un grenier de poutres.

Deux pierres de seuil.

L'air de rien.

Un pont sur une crevasse qui conduit l'eau.

 Un silence.

Les vignes et les vignerons. 

Des rires.

C'est normal.

Fin

 

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38. Rien sauf elle

Retour

 

Un chatoiements de noirs

Avec partout des absences

 Des absences de lumiéres

 Des trous de sources de lumières

 Rien de visible et donc tout vu

 Avec du silence qui dure dedans

 des souffles totalement nuls

 Et dans ceci

 Tout dans les environs

 Sans odeur.

Sans odeur.

 Un peuplement de celà.

 Pas un animal, fut-il souterrain.

 Un ciel parti.

 Et dans cet aspect des choses

 Une seule présence

 Lourde

 Achevée

 Sombre et forte

 Muette

La terre.

 FIN

 

 

 

 

 

 

 

39. Elle

 

Retour

 

Il y avait là dessous un soupçon. Un enfantement jamais vu. Un regard égaré. Une déviance. Cela qui fait un drame. Ou bien si l'on peut une joie de vivre malgré cela.

Tout redevint de douceur et de calme au matin alors qu'elle, réveillée, réveillait ses cuisses encore moites de lui.

Elle n'avait aucun soupçon. Elle n'en soupçonnait rien.

Il retira sa main comme d'autres leurs sexes.

elle eut de son ventre un spasme. Une de ces ventilations qui redonne la vie ou bien l'ôte. Il lui revint par le regard. Elle recula. Elle l'avait en lui mais lui n'y était pas.

Il poussa sa main.

Dehors un arbre se fit de son peuple d'arbres.

Elle remit son corps debout devant elle et elle debout devant lui.

Elle se mit femme de lui et d'elle. Elle reprit tout d'elle comme une mère. Comme le fait une mère qui était femme.

Dehors la nuit se sentait elle.

On eut dit un cas de grande paix.

La terre même se taisait.

Et des parfums de plantations fraîchement coupées tranquillisaient l'entourage des environs de cet endroit.

Alors.... Alors du très fond... Des apparences venues des galaxies qui passent indifférentes et belles.... Alors... Une musique monta.

Et un papillon se fit un chemin de chenille jusqu'à cet enfant qu'enfin ses jambes jaillissaient d'elle, une chose de chair grasse et lourde

Un cri de ses lèvres.

Comme un moment d'oubli. Il était elle.

FIN  

 

 

40. Comme parfois l'horizon

 

 

 

 

Retour

Un écartement de l'horizon

Un repoussement des soleils qu'encor ce jour je vis

Des lunes grossies d'elles mêmes

Comme des femmes sans moi

Ou bien comme des femmes de moi

Qui seraient de mon ventre

Un repoussement de l'horizon

Ce moment de dépendance

Cette loi d'évidence

Qu'est la dépendance

Ce regard de toi

Rien mais cela

Un repoussement de l'horizon

Et ce rire de joie

Qu'en ta poitrine nue je vois

Et qui le teint debout

Devant

Ce repoussement d'horizon

Qui me retient en toi

Les jambes raidies

La main en flambeau.

FIN