1. LES BLANCHES AILES DU DESIR
7. CORRIDA
9.BLUETTE
10. PAIX
11. LES AMANTS
13. NAISSANCE
14.LIBERTE
15.JE T AIME
16. IMPATIENCE
21. ATTEND
22. SON RÊVE
23.RENCONTRE
24.JOIE
26. AMOUR
27. PAIX (train)
29. PLENITUDE
30. REFLUX
31. CORRIDA (2)
32. ANNE VINT
33. NAVIRE
34. J'AI VU UN ARBRE
35. VENUE
36. VACANCES
37. LA RIOCHE
38. RIEN SAUF ELLE
39. ELLE
1. LES BLANCHES AILES DU DÉSIR

Tu ne vas pas me faire l'amour et me peindre le premier soir
dit-elle, une bourrasque au visage.
Lui la regardait.
Il tenait tout d'elle?
Il tenait tout d'elle.
Un spasme.
Une volonté de lui en elle comme un pieu qu'est la voile d'un bateau.
Il se recula. Se cambra. Se tue et se tua.
Il se recula.
Il venait vers elle par ce procédé inverse.
Il sourit
Et son être debout volait déjà ce qu'elle avait d'elle pour lui
Un grand oiseau de nuit aux ailes blanches
Un vol de noir
Un souffle de vie.
Alors elle
Se redressa droite et se mua en lui
Comme les femmes savent le faire.
Il n'y eut plus de bruit
Que celui des souffles de leurs bouches
Qui taisaient la nuit, cette nuit, cette nuit
Alors il reposa son corps vivant et mort
Sur le sol de la plaine
Sur le sol des moissons
Il reposa son corps à elle aussi
Et une lente mort se fit
De leurs désirs assouvis à tous deux.
Comme un soleil.
fin
_________

Dehors tout semblait de vent et de nuit
Un retour du temps sur lui même
Une déroute peut être
En tout cas moi là et seulement cela
Puis des pas
Des pas inverses
Un départ qui venait
Un geste perdu de
lui ou de ce vent
Alors revint une odeur
Tout lui en elle
Un regret
Une attente de rien
Ce soupir des terres blanches et fertiles
La graine se souvient de l'arbre qu'elle sera.
FIN
_________

Derrière le talus
Un
creux insoupçonné
Une
excavation creuse et verte
Un défoncement de
la terre
Là
quatre fleurs
De
couleurs différentes
Une
lumière dessus
Un
peu de vent
Nul bruit
Parfois
un chant devenu ailleurs de là
Un
pas lent qui passe loin comme une absence
Un
formidable souffle de poitrine qui ouvre la tête
Un
geste froid de mort
Un glacement
un
cri sans un son
Un visage qui fait sa défaite
Deux
bras ouverts
On
se relève
On
repart
On
respire
On
oublie
On
retrouve.
Tout n'est que de la puissance de tes yeux qui ne me trouvent plus et qui sont
pourtant sur moi. Comme ce matin où d'entre mes jambes ouvertes et rouges
Tu
es sorti mon enfant.
FIN
_________

Les muscles de la gorge crispés
Un sang dedans
Des dents serrées
Un souffle engorgé
Une poitrine de douleur
Un cri des oeils
Un spasme
Rien au fond
Et de là haut
Une larme se glisse
Tombe
Une tombe
Un malheur
Un épuisement de solitude
Un soupir encore
Une dévaluation
Un pas encore
Cela est fini
Il faut oublier
ET l'eau de la larme se souvient, elle, de ce bonheur qu'elle entraîne
Jusqu'à la commissure des lèvres
Où mes yeux viennent
Lui parler de la paix.
FIN.
_________

un jour
je prendrais la
pierre
Je serais face à
elle
et
elle face à moi
Et ce jour
tout
me monde s'effacera
Et
c e jour
Tout ne sera plus que ton corps de mes mains de pierre
Le
tien ou celui ce celui ou de celle
Qui
aura mes mains sur son corps
Pour
qu'avec la taille de la pierre
Je
lui donne enfin ma force donnée
La taille que je lui crois
Et
mes mains mortes de ce triomphe
Que je sais qu'elle mérite.
Que je sais qu'elles
méritent.
Car
je ne suis que celui là.
Fin.
_________

Je passais seule ce matin
Le regard encore en moi
Des souvenirs de lui
Un rien qui me redisait le goût de ses lèvres
Une fleur de rire
Tout loin pourtant
Un ami perdu
Trouvé
Retrouvé
Et au fond
Aimé.
Fin
...
On les voyait marcher
Le pas identique, les mains libres
Un port de tête semblable
Des rires de gorges complices
Des mouvements l'un vers l'autre
On les voyait être amis
Sans doute.
Fin
...
Assis là, comme un bloc
Les mains croisées. Le regard en dedans
Un souffle venu de la poitrine profonde
Un geste d'ailleurs. Tout de silence
Un lit et l'autre couché
Un silence
Un ami mort que veille un ami vivant.
Fin
_________

un peuple autour le souffle dedans la poitrine
Regardait les mains à l'entre cuisse
Et un rire de lèvres qui montrait les crocs
alors elle se leva un peu
Comme une poitrine donnée
Un vertige de nuages de fleurs à son cou
Toute en espérance
Le taureau vint
Il avait le front large et le flanc de palpitation
Un remugle de gueule
Et des cris pour éperons
Alors un enfant qui ne savait pas
Se mit à rire de lui même et seul
De telle façon que des femmes lâches
Ne l'écoutaient pas
Et le taureau refusa le combat
et fut tué là
Ridicule
Un enfant ce soir
Marche dans la ville
Va par les champs
Et sourit de sa vie
Qu'il aime bien
fin.
_________

Un arbre léger comme une fleur
Un désespoir d'enfant lourd tel un papillon
Un regret de ce geste d'une main vers un sexe
Une doublure de soie à même la peau
deux pas sur les dunes
Une voile
Un regret encore
Et tout qui de moi te dit toi
Lors que ce matin
je revois encore
Ces larmes de toi
qui me coulent sur le cou
Lorsque ta tête
Combien près de moi
Tu étais seule
fin
_________

Dans un instant tu
sais
Dans
un instant ce temps
Dans
un instant je vais
Dans
un instant sais tu
Dans
un instant ce temps
Dans un instant
toi
Dans un instant moi
Dans un instant ce soir
Dans
un instant tu verras
Dans un instant
Cet instant
Qui durera.
Fin
_________

J'ai
détruit tous les mots
Un à un
Avec un acharnement quotidien
Chaque mot venu analysé
Puis
répandu dans sa chair
Un
puis l'autre
Des
années assis
Le regard sur la nature
Une herbe ici
Un mot mort
Ainsi que de suite
Mais prenons des exemples de ce tribunal
Accusé(e) levez vous.
Amour? Alibi du crime.
Liberté? Inexistante.
Gloire? pf
Argent? Le paradis des riches...
Patrie? Racisme
Égalité? D'autres le sont plus que certains
Sincérité? Et mon q c'est du poulet?
Attention aimable? Ressers un 102
Aide? Rassure toi personne ne t'aide ni ne t'aide pas
Ainsi de pas en pas
Des pans de moi et de l'univers
se sont croulés
Tabula rasa
Descartes m'indiffère
Et venant de cette armée de destruction
Le corps fier
J'ai détruit encore
Un saccage inexorable
Une disparition autour de moi
Des fuites dans la nuit
Des pas si souvent écartés
Un silence
D'où peu à peu les ennemis se trompaient
Rien enfin.
Enfin de cette forfanterie simpliste
qui se croit.
Un décombre.
Parfois un sifflet de mes lèvres mais si rare.
Et enfin
Le torse de moi ouvert
Debout et perdu de fierté et d'orgueil
Aillant sur le champs ces cadavres
Je me suis assis
Si tranquille de tout.
pas même de triomphe.
Cherchant seulement un mot simple qui soit compris
Un bout de pain
Rien quoi.
Alors
Du fond de cette lumière qui ne parlait que d'elle
Sans moi
Sans plus
Un mot s'est levé
Il m'a regardé
Il a dit "Je suis là"
je l'ai vu
Je me suis dressé
J'ai pris mes armes
Je les ai fourbies
J'ai lutté.
Et ce mot s'est arrêté.
Il est venu à moi.
Je lui ai dit "Je ne peux te détruire"
Il a souri.
Il est parti.
Il ne m'a jamais plus quitté depuis.
Paix.
Fin.
_________

Alors le corps plein d’elle
Lourd d’elle encore
Défait et seul
Tout de ses seins dans les mains que je tenais loin d’elle
Encore de ses lèvres sur l’épaule
Encore de ses yeux dans les miens
Encore de l’odeur d’elle
Encore de cette défaite de jambes vibrantes encore
Alors de mon ventre monta un souffle
Une palpitation de vie
Une force que je ne savais pas
Un autre enfant du désir
La vague exacte d’elle
Elle
Qui revenait en charge de moi
Pleine
Puissante
Victoire de ma défaite
Ses épaules blanches et comme passantes
Comme passant vers moi
Comme un nuage d’orage
Comme une plénitude
Comme le tonnerre de l’éclair
Je levais les yeux de ma tête
J’ouvrais la bouche de cette pression
Et là je sus elle.
Elle venait.
Je ne trouve pas d’autre mot
Elle venait.
Je failli mourir.
Cela ne se dit pas.
On a les larmes qui font de l’eau sous les paupières.
On fait barrage par fermeture.
Et de là- haut, de ce coin du visage
Une perle roule et se pose sur la pointe de son sein à elle, fort.
Une colombe abreuvée.
Un oiseau de nuit abreuvé.
Une larme pour son sein.
Un geste des yeux.
Un mouvement de bras vient alors prendre tout
Une capture.
Une capture.
Un fauve qui se réveille.
Des muscles durs et tendus comme une corde de désir
Qui va rompre.
Enfin elle.
Cela ne se dit pas.
Un envahissement du territoire de la matière.
Un tourment d’elle.
Une torture de moi.
Et alors elle se posa
Les fesses rougies
Le souffle sans bruit
Comme un silence de sa poitrine
Et le feu se fit autour de moi
Un pieu d’immolation à son venu
Un engouffrements par les cuisses
Et un mouvement tout à coup de la musique de ses hanches
Un son perceptible
Et moi moi
Le membre dans cet enfer qu’elle me faisait
Je roulais partout
Le dos écrasé
Les mains jointes sur ses joues
Sa tête à moi par se geste
Et elle refaisait de moi
Un trou de vagues incessantes
Comme cette mer qui m’avait alors
Cette mer déchaînée et forte
Qui par vagues venait prendre mes pieds
Que j’avais mis en elles.
Alors elle se pencha avec du rire dans les dents
Elle se pencha
Et les lèvres de sang douces de baisers
Elle dit comme pour elle
Comme si j’étais elle !
Elle dit sourdement
« jouis »
cela ne se dit pas
j’ ai tout perdu de moi pour elle
j’ai mis moi en elle
comme elle me mettrait moi en elle
avec des spasmes de douleur
le cœur arraché
mes yeux dans les siens
alors elle m’a souri
elle riait presque
et elle a dit comme à elle même
comme si j’étais elle
« je jouis parce que tu jouis »
et je ne vis plus rien d’elle
que sons jouissement souple
et sa tête là haut
rejetée de moi, elle de nous
et cette jonction des plaisirs
ce dé plaisir de tout autre
qui conduisent les corps
a devenir des cadavres d’amour.
Alors elle m’a pris le visage dans ses lèvres
Elle n’a rien dit
Et son ventre en bas reprenait encore de moi
C’est là que je suis mort.
Je suis mort.
Et alors
Elle qui le savait de moi
A allongé son corps de beauté folle de tout ça
Et dans mes bras refermés sur elle
Elle s’est perdue aussi
Oui elle s’est perdue aussi.
Et je la retrouve encore
Oui je la retrouve encore
Quand par bonheur
Nos rêves se croisent
Et se redisent
Ce moment de chair
Qu’elle nous a donné.
Je me souviens de tout.
Cela ne se dit pas.
C’est pourquoi de te l’écris.
Fin
_________

En ces recoins de
vous
Une odeur
Un
rêve, ce soupir hier
Le voile jeté sur vos seins
Un rien de vous
Que dis-je?
Un tout de vous qui vous semble rien me sera tout!
Et ce billet que là je glisse
Sous le gant de votre main
Que vous ôtiez une heure passé déjà
Et que vous trouverez en le reprenant
Vous dira fort mal
Tout le bien qui me vient
Lors que votre main
Se dénude
Sous votre main et que vous posez les yeux
Un peu plus loin
Là où je ne suis pas
Cette langueur dan s les yeux
Qui me perce le cœur
Qui vous traverse en dehors de moi
Et que je sais n'être pas de moi ni pour moi
Cette lumière
Cette nuit
Ce cri sans bruit
Ce sourire vers moi
Et moi les traits détruits de ce trait de vous
Qui ne venait pas pour moi.
O madame ce jour
Je viens à vous mort
Et vous supplie
De vouloir faire de mon corps
Un être vivant
Et amours tous gants ôtés
Je vous dirai ceci simplement:
Soyez vous, aimez vous, vivez, quant à moi
Mon épée posée là
Et son fourreau vide
Je remets en cette nuit de parfums
Toute ma paix à vos pieds
Que je vous demande et mande
De ne pas fouler.
FIN
_________

Que nul ne te domine
Ni dieu ni maître
Tu es ta force
Et tu viens ici avec
elle et elle seule
Je
ne suis que celui là
Je ne suis que celui
là qui accepte ta venue pour que ce soit toi qui vienne
Un
point c'es tout
Et
ce sera toi qui repartira
Fière,
seule, conquise par toi à toi
Et
dans des nuits de solitude
Tu retrouveras
un rire de moi ou un mot ou un geste
Qui
te fera redevenir à nouveau toi
Comme
tu sais le faire.
Seule.
Comme
toi seule sait le faire.
Et
tu penseras de moi
Des
moments déjà estompés
Que
tu ne pourras oublier
Comme le triomphe
d'une défaite d'une victoire
Sur toi.
Je te bouscule pour
que tu sois toi
Et sous mes coups de riens tu te fais toi
fin.
_________

j'avais les mains au
corps
Liées à moi par les
bras
Des poignets de
chaînes
Un entremélements de
membres
Un enfouillissement
de moi
Une décarnation
Des
mains de pierre
Une sculpture
de nuages dans ma vie
Un cri des doigts qui
me braillait l'aveugle
Tout de cet univers
cosmique
Là!
Là en mes mains mortes!
Alors tout
brusquement
Des
rouges pour espoirs qui prenaient la forme des sanglots
Alors et alors
seulement
Les bras lâchés
Tout réduit à rien
Un jour se fit jour
Et je sus enfin,
enfin!
Que la liberté
n'existe pas.
FIN
_________

Alors il lui vint
celui là.
Elle se leva le corps
détruit déjà.
Le sien ou le sien.
Elle
ne savait plus, déjà.
Elle
se leva et regarda devant elle.
Tout
de son dos dans son dos craquait.
Un
rétablissement de vertèbres désincarné et résonnant d'os dans la nuit de ce matin.
Alors
elle sut.
Elle de son corps à elle se fit une parure.
En son état.
Tel qu'elle le tenait en elle.
Morte
vivante sans façon de manière.
Elle retira ses objets qui lui tenaient sa peau
Elle rétablit son équilibre
Elle se lava d'elle et de tout et de tous.
Elle cracha au sol avec joie.
Elle retrouva ses seins son ventre ses entrailles sa mémoire son espoir
Elle se fit femme d'elle
Elle se fit elle
Elle
reposa enfin sa tête sur le sol empli de soleil ce matin
Elle se revit elle enfin
Et se prenant dans ses bras elle même
Elle se murmura ces mots que la rosée prit:"
Je t'aime"
Fin.
_________

Comme une définitive
définition de l'immobile.
Ce
mouvement fini.
Rien
de plus.
Un conglomérat
d'étoiles, mortes d'un futur.
rien.
Une patience.
Une
carte.
Une
autre carte.
Dame
de pique.
2
de carreaux.
7.
Une
carte.
Une patience.
Dehors
le ciel se fait moi.
Une carte.
Dehors rien.
Une
carte.
Impatiente.
Viendra-t-il?
Une carte.
Un thé.
Je
bois.
Impatiente.
Mes cuisses se brûlent de moi.
Une carte. Un 9 de cœur. Un sourire.
Il viendra peut être.
Un 4.
Le ciel dehors parle de moi à lui.
Une carte.
un 6.
Quelle robe vais-je mettre?
Une carte.
Je vais lui sourire.
Une carte le...
Un enfant vient me pleurer.
Je le console.
Une carte/ 5.
Dehors il va pleuvoir.
Des soldats vont mourir.
Je ne suis pas
lasse.
Une carte.
Une patience.
Une carte
Il avait ce matin le visage de marbre de ses mauvais jours.
Une carte.
Je l'aimais pourtant.
Une carter 3 de trèfle.
Une patience.
Une impatience.
Alors je me suis levée
J'ai tiré mes bras de ma tête et par dessus elle
j'ai
vu mes seins sous cet effort j'ai ri
J'ai repris de moi
Je me suis allée par là
Vers ma patience
J'avais mal au dos
J'ai souri
Je
me suis faite de moi
J'ai
touché mon visage
Et des mots me vinrent.
J'ai
ri.
Je suis impatiente moi!
FIN
_________

Les Anciens
Disent les zones de
plaisir.
De haut en bas.
Le
cuir chevelu demande des doigts. Et un baiser.
L'oreille
est de souffle de la bouche.
Les yeux des autres yeux qui les prennent.
La bouche est un temple d'attente.
Le cou le centre.
Les clavicules une salière de désirs.
La pliure du bras un espace de tendresse.
La paume de la main un recueil.
Le doigt sucé une douce attention.
Les seins des oiseaux.
Le ventre un respect.
Les
hanches des poignets d'amour alliés aux poignets des bras.
La cuisse en son intérieur un monde de soie pour elle. Pour lui.
Le sexe un abandon.
Le
monde de la lune derrière lui.
Le
genou un moment d'extase avec la bouche dessus.
La cheville cernée d'une main avec vigueur du désir.
Lécher et sucer les doigts de pied. Longtemps.
Le plaisir retiré là est immense.
Demeurez attentif à la voûte plantaire.
Baisez
là et léchez là.
Ayez soin du talon.
Donnez à la femme
La position sur le ventre.
Le parcours de son dos et de ses cuisses
Ressemble à celui que fait la mère qui accouche.
Tenez les fesses écartez et léchez le trou de sa vie.
Lentement. l'anus est un centre.
Enfin voici son arbre de vie; chaque vertèbre est une feuille.
Touchez là.
Enfin les dents doivent mordre la nuque
Comme le tigre sa femelle
Pour qu'elle se réjouisse
D'avoir été découverte.
Les Anciens savent cela
Que je te redonne
Pour que ton corps
Soit en paix.
FIN
_________

Je
mettrais des signes
Et tu verras entre tes seins
Comme
s'écrivent
Les mots le plus secrets
Et ceux que tu sais
Et tu démêleras le vrai du faux
Sans regarder ce que je trace sur ta peau
Sans savoir ni cette fois ni une autre
Les traces de l'autre
Et les tiennes qui effaceront
Ces mots de ta peau
Lorsque sur la mienne
Tu d'exerceras à retrouver
Cette calligraphie de gestes
Qui t'enseignait cette fois les caractères chinois
Et les positions du Kama-Sutra.
Et lorsque tout te sera lisible
Visible
Enfin je veux dire quand tu sauras lire avec ta peau
On dira enfin que les mots
N'ont plus de secrets pour toi
Et tu les rediras alors et alors seulement
Avec tes lèvres
Alors que lentement sur ton ventre
J'écrirais de cils battants
"Je suis près à mourir pour toi"
Longue phrase que tu aura du temps à lire
Toute ta vie et toute la mienne
Et lorsque la mort m'emportera
Tu relira à volonté de ton ventre
Ces mots tracés par mes yeux
Alors que vivant je me penchais sur toi
Pour écrire cela à même ta peau.
Fin
_________

Oliviers à Montmajour ; 1888 (Vincent Van Gogh)
Voici un empire.
Ici les vignes
Là des bois
Ici la route
Là une bâtisse
C'est à moi
Regarde
Touche la terre
Penche toi
Mon empire a soif
Il n'y pleut pas
Parfois des jours de la pluie se fait mais il ne suffit pas pour la terre de ces gouttes qui tombent ou bien trop vite ou peu.
La terre craque.
Rien n'est gras ici.
Le ciel nous fait maigres.
Je suis debout devant toi
Tu as dans le corps de la vie.
On ne voit plus cela ici depuis l'automne des pluies qui est oubliée des anciens même.
Approche.
J'ai deux mains. Elle taillent la pierre sèche et en tirent des forces de paix.
Donne tes mains
Pose les là sur mes épaules.
Reste droite.
Prend mes yeux.
Rie.
Et maintenant ouvre tes cuisses, ouvre ton sexe, ouvre ton ventre, détache toi de toi et coule sur tes cuisses l'eau de ton désir.
Jouis.
Debout et que je ne te touche.
Mouille ma terre.
Embrase mon empire.
C'est à toi que je bois.
Et la caillasse te regardera
Les herbes mortes se redresseront
Un oiseau criera dans la nuit
Et mes lèvres à ton sexe boiront de ton eau de vie qui me redonnera vie. Sois la source de mon empire et abreuve moi.
Coule.
Coule de toi vers moi.
Je te bois pour ma terre.
Je suis ma terre.
Elle a soif et puisque c'est toi qui est venue au bout du chemin qui mène à moi
à elle et à nous, je te donnerais ce que j'ai, ce qui me reste, et ce que je n'ai pas et que je volerais pour toi, comme toi à toi tu prends et donnes cette eau qui tombe de tes cuisses ouvertes, sur ma terre.
Sous les yeux
Sous mes lèvres.
Sous moi.
Un puits infini de tendresse.
ton plaisir mon adorée.
Fin
_________
Hier
déjà cette rivière passait
Un
murmure de toi
Et
cette fois
Un
nuage passait aussi
Comme
cette eau
Elle
ne le voyait pas
Il
ne disait rien
Elle
passait aussi
Cette
fois encore un mouvement de tout vers elle
Et
elle là, la poitrine lâchée
Tout
d'elle perdu, éperdu
Ce
jour là encore un mouvement
Un
bol reposé, un regard flou, un fruit qui brillait
Ce
matin là encore ce geste
Qui
ne disait plus rien
Un
vide d'elle
Un moment d'abandon
Et
cette force de vie
Qui
revient dans les reins
Un
cheval de galop
Une
odeur
Un
rire d'enfant brusquement
Une
larme
Puis
plus rien
Elle
une femme. Un geste d'elle. Tout achevé.
Un rire d'enfant.
Elle
se leva.
Le
bruit de cette rivière déjà...
Sa
main ouverte.
L'enfant
glisse la sienne
Elle
ferme.
Ils
partent.
Je
demande la paix.
Fin
_________

Je n'ai jamais vu de
quazars aussi grands
cela
prenait l'horizon
Un
noir des tréfonds
Une
matière nue et nulle d'elle même
Un
trou noir
Du
vide dedans
Une
inspiration de l'aspiration
Un
regard mort.
J'ai
rejeté mes vêtements
Ma
peau ne me paraissait plus moi
Je
me suis mise là
J'attendais
Un
silence
Un
geste
Quelque
chose
Moi
Je
ne sais plus
J'ai
refais ce moment
Maintes
fois
Sans
plus
Sans
rien
Sans
lui
Avec
eux
Un
mouvement des étoiles vint changer la face des astres de la nuit couverte de ruptures
Je me suis assise.
Je n'ai rien
dis.
Je
n'avais rien à penser.
Je
ne suis qu'une attente.
Je
ne suis que tes yeux vers lui.
Je
ne suis pas moi.
Je
suis un moment.
Un
oubli.
Mon
ventre me crie.
Je
suis une paix que les gens trouvent dans la rue pour rien
Le
ciel est mort de moi
Alors
la fleur du fond du ciel noir
Surgit
La
gueule ouverte
Des
dents de feu dedans
Un
piége de force
Une
exposition de violence
Tout
partant de sa grossesse
Une
hideuserie
Et
de ce lent combat du sombre
Un
rien vint
Et
lui dit
Je
suis toi comme la paix se sème
et
nous ne nous verrons plus jamais.
FIN
_________

Un bol de lait
fumait sur la table de bois.
Une odeur de miel se
mêlait.
Pas
un nuage au ciel bleu et lent.
Un
chat arrondi.
Une
douce pensée revenue de la nuit avec ces couleurs sépia.
Un
geste tranquille.
Une
gorgée bue avec plaisir.
Tout
remit de place droite.
Un
joli sourire de lèvres.
Un
petit rire aussi de la gorge .
Tout
chez lui l'attirait.
FIN
_________

La rupture de
l'horizon semblait nette.
Le regard ne
trouvait pas de point d'appui.
Depuis longtemps je
sais le souffle.
Parfois un
soubresaut, léger.
Un
matin un doute ou bien un regret
Depuis
longtemps je sais le souffle.
Hier
encore... Mais qu'importe.
La terre se fait
forte avec de l'eau en elle.
Depuis longtemps je
sais le souffle.
Cet enfant rit et
ses lèvres entrent en moi.
Un jour il sera moi
comme je serais lui ou le fut.
Depuis longtemps je
sais le souffle.
Un sanglier fouille
le sol pour manger dans la forêt.
Une
étoile se parle à elle même.
Depuis
longtemps je sais le souffle.
Elle
semblait heureuse les cuisses ouvertes.
Ce bruit qui nous
fut musique!
Depuis
longtemps je sais le souffle.
Depuis longtemps de
rendre compte
Depuis longtemps de
nos rencontres
Depuis longtemps je
me rend compte
Depuis longtemps je
ne me rend pas compte
De toi.
FIN
_________

Une vache allait.
Une marguerite là
fleurissait.
La
vache allant allait
La
marguerite se marrait car
Une vache
allant n'allait pas la bouffer.
Mais La vache à lait avait besoin d'aller
Bouffer
la marguerite qui se marrait!
Alors
Le
marais voyant la joie de la vache qui allait
Bouffer
la fleur dit:"
Allez
va sois pas vache laisse là aller"
Et
la vache entendant le marais se marra se marra
Et
dit à la marguerite: "
O
le beau coquelicot!" et la croqua.
Moralité:
Là
où y'a de la joie
Y'a du plaisir.
Fin.
_________
25.SI JE PLEURE ( en trois parties)

Si je pleure...
Si
je pleure alors
Tout
de moi barré rompu enfin
Sera
de moi
J'ai
hâte de mettre un corps sur ces mots
Alors
de moi rompue enfin
Fière
seule moi oubliée
La
tête droite
Le
regard là
Des
yeux de braises dans cette nuit qui n'est pas la mienne
Belle
de moi enfin de moi moi
Avec
cette hâte de mettre un corps sur ces mots
Je
jetterais enfin à bas
Tout
ce qui me défend de moi
Tout
ce qui ce matin encore me prit la faim de moi
Je
me mettrais là
Et
sur le silence de toi qui me donne tes yeux
Je
te dirais
Je
suis venue mettre un corps sur ces mots
Et
ce corps est le mien
J'en
suis la reine
J'en
suis le roi
J'en
suis maîtresse
J'en
suis pour toi
bonjour
Je
suis venue mettre un corps sur tes mots
Je
suis cette femme
Allons.
J'ai
faim
J'ai
soif
Montre
moi tes terres
Je
suis lasse
Donne
moi du lait de boire enfin
Et
dis moi que je suis là
Pour
mettre en mon cou
Tes
lèvres qui me disent
"Bonjour"
Ce
soir o* je vins
Te
dire que je suis moi.
.........
Alors je vins
moi de mon corps
Et
en ta maison et en tes terres
Les
jambes plantées
Tout
le ventre et le bas ventre ouverts
Le
rire ouvert
Cet
enfant de moi enfin enfin! enfant de moi
Des
douleurs d'accoucheuse, de fileuse d'ange
des
cris dans la gorge retenus et enfin enfin enfin donnés
Pour
que ce silence jamais ne revienne
Et
que ce silence enfin enfin enfin soit meut
Car
je suis venue poser mon corps sur tes mots
Qu
h'hier encore tu ne disais pas
Puis
que je ne t'écoutais
Sourde
à tout
Muette
de toi
Donne
moi tes yeux je suis là
Et
je suis cette femme
Qui
te dit
Je
suis moi.
Et enfin à la fin
Le
poing au flanc
Le
sourire aux lèvres
Je
repartirais de toi
De
tes bras et de tes terres
Faite
femme et engrossée
Du
désir de toi
Qu'à
la fin je garde de toi
Quand
encore ce matin
Tu
posais tes mains sur moi
Et
des mots sur mes reins
Des
soupçons de désirs
Des
vagues perdues ce matin
Ce
matin te quittait
Ce
matin te quittait comme moi
Jamais
ne le fis
Car
je suis venu sur ton corps
Poser
les mots de la mort
De
mon silence.
Fin!
.........
Final:
Hier est ce jour un
souffle me toucha
Et les jambes sous
moi
J'ai revu qu'il
pensait à moi
Je sais qu'il pense
à moi
Il est fou
Il pense à moi
Et je suis folle
Je pense à lui.
Je t'embrasse, mon
ami.
c'est
alors que seule avec moi, enfin!
Les
mains de son corps pleines
Moi
femme pleine enfin!
Un
mot monta de mes lèvres qui le désiraient encore
Un
mot d'amour que je n'osais jamais lui dire
Ce
mot d'une femme
Ce
mot qu'un homme ne dit pas
Ce
mot que sur ton corps je vins déposer
Les
yeux ouverts
Les
cuisses ouvertes
Les
bras ouverts
Enfin
je veux dire moi en un mot
Ce
mot que sur toi je laisse
Enfin
enfin
Ce
mot qui te dit de moi tout
Paix.
_________

Sa main vola
sur moi
Comme
vole un voleur
Comme
je l'espérais
Comme
il le fit.
Alors
moi le corps perdu de tensions
Tout
de moi vers sa main qui me volait mon corps
Alors
moi
Femme
fière et qu'il me trouvait belle alors!,
Moi
enfin
Le
sexe de lui pour moi à lui
Sa
main qui passait dessus moi
Je
lui pris la main
Et
avec ce que je savais de lui
Avec
sa douceur perdue éperdue de moi
Avec
moi
Je
pose sa main de ma main cernée et prise
Je
la met là
Entre
ma jouissance de lui
Et
du même mouvement qui me quitte de lui
Je
prend aussi ses yeux avec les miens
Et
lui dis "Tiens"
Sachant
qu'enfin de lui
J'ai
sa main sur moi
Et
mon sexe à moi
Que
je lui donne
Qu'il
ne me prend pas
Comme
tout à l'heure sa main
Cherchait
à tracer dans sa paume la ligne de sa chance
Comme
ce soir sa main
Traçait
la linge de l'espoir
Qui ne
ressemblait pas à mon corps
Mais que là
Lasse
belle seule et enfin à lui
Je
lui donne
pour
notre jouissance.
l'entre
jambes de moi
Son
plaisir à lui.
Enfin
qu'enfin sa main qui volait sur moi
Ne
me vole pas
Ce que moi je suis de lui.
_________
(suite au contexte: si le train pouvait dérailler)

Je viendrais au
dessus de ton cadavre
Dans la ferraille
Et
le feu
Dans les cris des
enfants
Dans le sang avec
mes pieds nus
Et
les mains sur ton corps
La
tête folle de ces douleurs alentour
Je
referais ce train qui roule
Je
reprendrais les morts un à un
Je
les lèverais et les laverais
Et
de toi et de cela
Je
referais un monde de paix
Sans
sang
Sans
meurtre
Sans
rien
Sans
espoir
Sans
honte
Juste
un monde là
Et
un seul cri un seul mot un seul désir
Debout
et fier
Un
seul mot qui enlèvera tout
Toutes
les brisures
Un
seul un seul enfin
Que
ma bouche dira à ton sexe
Serais
tu homme ou femme
Un
seul mot de mes lèvres
Celui
là que tu sais
Tout
effacé des décombres
Un
seul.
fin
_________

Je
ne me suis occupé que des fleurs
Aussitôt moi venue
Toute parvenue
Je me suis mise à nue
Et les mains tenues
J'ai touché mon corps nu
Et lui comme ma cornue!
Montait puisque je l'ai vu
dans ce bouquet de tournesols venu
De ses mains tenu
De ses mains tenu
De ses mains tenues sur moi nue
Qui me redisaient lui nu
Quand mes mains le tenaient nu
Dans mes mains nues de lui.
_________

Le cosmos noir la
laissa passer.
On eut dit un
ange.
Une
traînée de lait.
Avec
des points de rouge de feu orange qui laissaient des traces.
Le noir se reforma
d'elle.
Là bas un souffle
de vie.
Mais loin!
Le noir reformé.
Il est probable
que la lumière pense
Pense le poète.
fin
_________

L'espace sans sens.
Une radicalisation des étoiles dans un noir
définitif.
Pas même une filante. Rien.
Parfois une pulsion rouge.
Une palpitation soufflée par un milliard d'années
perdues là.
Une pulsation imperceptible.
De l'anti- matière à l'état brut, brutale,
confondante.
Un rythme?
Non.
Rien.
De l'espace sans temps.
Rien
et toujours rien et toujours rien. Rien.
Comme la pluie quand il pleut, qu'il pleut, qu'il
pleut.
Un spasme.
Un
flux sans condition.
Un flux.
Puis un encore.
La galaxie s'étonne.
Un flux.
Alors dans la nuit définitive faite à la morte
Un pas se fit
Un seul.
Un retentissement inouï
Un pas un seul un pas un seul un pas un seul
FIN
_________

Le soleil se
tenait partout.
Le sable jaune le
tenait aussi.
Une
femme là haut s'éventait.
Lentement
et la robe large sur ses cuisses.
En
bas, un silence parfois trouait le bruit.
Des
hommes les reins cassés
Le bras fier
Un sourire des
lèvres
Passaient.
On criait partout.
Un autre le gosier
de feu, fantanguait.
Une guitare si
loin si loin si loin, jouait.
Le
soleil dominait.
Elle s'éventait.
Lentement.
On ouvrit le
toril.
Une femme se
tenait dans le sable, le talon en lui et dans l'ombre du soleil.
Droite.
Matadore.
Il
se fit du silence.
Elle cambrait le rein.
Elle avait des
seins.
Et une cape.
Là
haut l'autre s'éventait, lentement.
Deux
hommes bougèrent les jambes.
la
bête entra.
Elle ne voyait
rien.
Le
feu partout.
Ca cria.
Un homme la
chèvre aux lèvres lâchait dans sa gorge un jet ténu de vin rouge glacé.
Il se régalait.
La bête avança.
Elle;
sortit de l'ombre.
Face
à lui.
Une
femme matadore.
On
avait jamais vu ça.
On
rit dans des gradins.
La
bête gratta le sol.
Et
charge.
Elle l'évite.
La cape part.
Revient.
On gronde dans les
gradins.
Le
monstre revient.
C'est une bête de
Don Carlos de Ribera de santas.
Un fort lui.
On rit.
Elle là haut
s'évente.
Un homme lui rit
le visage.
Elle
rit.
La bête charge.
Elle
fait un geste et passe sous la corne qui l'éventre.
Là
haut la femme s'évente.
Un homme ne lui
rit plus au visage.
On
enléve son corps.
On rit.
Elle
là haut ne s'évente plus.
L'homme
est parti.
Le
soleil frappe.
Le toro de Don est
là.
IIl
gratte le sol.
Les gradins sont
vides.
La
bête a soif.
Elle
est seule.
Alors j'ai posé
mes mains sur son échine
J'ai ployé la
masse
Je l'ai posée à
ses genoux
Et
d'un baiser de feu
Je lui ai pris la
vie
Et
son sang
Et sa force
Et
toute sa mort
Que j'ai craché au sol
Dans
le sable de soleil
Et
cela donnait du rouge dans le jaune
J'ai placé le
pied de ma jambe là
J'ai
mélangé
Et un orange est
venu
De la couleur de
l'orange
Que j'ai bu.
La
bête souriait.
Là
haut la femme est revenue.
Elle s'évente.
fin
_________

Puisses tu de toi
N'être pas ce pieu de guerre
Qui si souvente fois
Vint sur moi
Veiller la guerre de la paix
Qui je le crois
Je te donnerais
Toi qui vins ce soir
Me redire enfin pour la première fois
Je ne viens pas te tuer
Ni t'aimer.
Je viens simplement
Me donner.
Aimons-nous veux-tu?
Fin
_________

Je n'avais pas vu que la voile partir
Les cales étaient pleines aussi
Les flancs gonflaient.
Les marins déjà fatiguaient de la tache.
Les passerelles ployaient.
On comptait les pas des hommes chargés des chargements qu'ils chargeaient.
Chacun des pas des marins tremblaient la passerelle.
La coque se gonflait.
On croyait un rêve de riches qui comblaient un navire.
Sur les ponts on se tenait rigides.
L'œil sur l'embarquement et l'esprit inquiet.
La masse paraissait trop.
Le second siffla.
On tira les amarres.
Les matelots se firent singes pour les voiles.
Le Patron replia la carte.
Un mousse se retira à fond de cale, le cœur dans les mains.
A la proue, il cria: "Dix huit pieds"
Ils sortaient du chenal.
Les vagues alors s'y mirent.
On eut dit un roulis de l'enfer.
Le bâbord passa à tribord.
Un mat de misaine craqua.
Un rat se jeta à l'eau.
Un rivet sauta.
La coque fonça devant l'eau.
Le vent lui vint.
Et répéta son chant qu'il lui préparait.
Le Patron dit "En avant
toute"
Un Vieux, qui savait, mordit un
citron, alluma sa pipe, cracha sur le bois du bastingage, y passa la main dessus, se
frotta à son bleu, souffla se sa fumée de ce tabac de marin, rit un peu et regarda
devant.
La barre était franchie.
Les hommes se mirent aux hamacs.
A terre, elle soupira et regarda le
feu.
Femme de marin, femme de chagrin.
fin
_________

Une fois, j'ai vu un arbre.
Il se tenait couché
Le tronc ouvert par le vent.
La pâlie donnait tout de lui.
On percevait encore le cri qu'il dut pousser
Pour sa chute.
La terre autour de lui semblait de labour.
La bas au loin une racine paraissait.
Comme sans lui.
Une odeur alentour si forte!
Tout son long dans la boue.
Le feuillage vert de désespoir.
Je crois bien me souvenir que pas un oiseau.
Je crois bien me souvenir que pas un oiseau.
Tout son passé dans le tronc excavé.
des spirales de pluie dans le bois ouvert au coeur.
Rien de plus.
Tout le flanc en terre.
Et long et mort.
Une fois j'ai vu un arbre.
fin
_________

Je te dirais des choses dans le visage qui te viendront à toi et que tu ne pourras
que souvenir.
Tu repartiras de moi avec toi
Tu seras celle qui est venue
Et je ne serais plus seul de moi
Et quand tu partiras
Et quand tu partiras
Je serais seul de moi avec toi
Les poings aux flancs
Et encore de toi la trace de toi
Comme un mort debout
Qui regarde la vie vivre
Et qui revit d'elle.
Comme je suis mort pour toi
Comme tu m'as fait vivre.
Et comme nous rions de nous!
De la paix en étendard.
fin
________

Vacance de toi
Vacance de moi
Une absence, une vacance
Un oubli, un passage
Un rien négligé
Et la vacance se fait
Un jour sans lui
Une vacance
Alors ce matin je me suis levée
Décidée
Seule enfin de lui
Captivée par moi seule
Et je suis partie
Enfin
En vacances!!
Fin
_________

Un contre bas de champs de vignes.
Une cabane.
De la pierre et de la terre.
Deux chênes.
Cinq siècles.
Des ouvertures au Midi et au Sud.
Le reste, bouclé.
Un grenier de poutres.
Deux pierres de seuil.
L'air de rien.
Un pont sur une crevasse qui conduit l'eau.
Un silence.
Les vignes et les vignerons.
Des rires.
C'est normal.
Fin
________

Un chatoiements
de noirs
Avec
partout des absences
Des
absences de lumiéres
Des
trous de sources de lumières
Rien
de visible et donc tout vu
Avec
du silence qui dure dedans
des
souffles totalement nuls
Et
dans ceci
Tout
dans les environs
Sans
odeur.
Sans odeur.
Un
peuplement de celà.
Pas
un animal, fut-il souterrain.
Un
ciel parti.
Et
dans cet aspect des choses
Une
seule présence
Lourde
Achevée
Sombre
et forte
Muette
La terre.
FIN
Il y avait là
dessous un soupçon. Un enfantement jamais vu. Un regard égaré. Une déviance. Cela qui
fait un drame. Ou bien si l'on peut une joie de vivre malgré cela.
Tout redevint de
douceur et de calme au matin alors qu'elle, réveillée, réveillait ses cuisses encore
moites de lui.
Elle n'avait aucun
soupçon. Elle n'en soupçonnait rien.
Il retira sa main
comme d'autres leurs sexes.
elle eut de son
ventre un spasme. Une de ces ventilations qui redonne la vie ou bien l'ôte. Il lui revint
par le regard. Elle recula. Elle l'avait en lui mais lui n'y était pas.
Il poussa sa main.
Dehors un arbre se
fit de son peuple d'arbres.
Elle remit son corps
debout devant elle et elle debout devant lui.
Elle se mit femme de
lui et d'elle. Elle reprit tout d'elle comme une mère. Comme le fait une mère qui était
femme.
Dehors la nuit se
sentait elle.
On eut dit un cas de
grande paix.
La terre même se
taisait.
Et des parfums de
plantations fraîchement coupées tranquillisaient l'entourage des environs de cet
endroit.
Alors.... Alors du
très fond... Des apparences venues des galaxies qui passent indifférentes et belles....
Alors... Une musique monta.
Et un papillon se
fit un chemin de chenille jusqu'à cet enfant qu'enfin ses jambes jaillissaient d'elle,
une chose de chair grasse et lourde
Un cri de ses
lèvres.
Comme un moment
d'oubli. Il était elle.
FIN

Un
écartement de l'horizon
Un
repoussement des soleils qu'encor ce jour je vis
Des
lunes grossies d'elles mêmes
Comme
des femmes sans moi
Ou
bien comme des femmes de moi
Qui
seraient de mon ventre
Un
repoussement de l'horizon
Ce
moment de dépendance
Cette
loi d'évidence
Qu'est
la dépendance
Ce
regard de toi
Rien
mais cela
Un
repoussement de l'horizon
Et
ce rire de joie
Qu'en
ta poitrine nue je vois
Et
qui le teint debout
Devant
Ce
repoussement d'horizon
Qui
me retient en toi
Les
jambes raidies
La
main en flambeau.
FIN